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Bulletin Quotidien Europe N° 11210
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) libye

L'UE peut faire beaucoup dans la crise libyenne, selon B. Leon

Bruxelles, 03/12/2014 (Agence Europe) - Le Représentant spécial du secrétaire général de Nations Unies, Bernardino Leon, a appelé l'UE à faire plus pour résoudre la crise libyenne, mardi 2 décembre.

« L'UE peut faire beaucoup au plan politique, car c'est un partenaire fondamental pour la Libye, [un partenaire] qui, à la différence d'autres voisins, est perçu comme neutre, avec une énorme influence et une forte capacité de pénétration », a-t-il expliqué au Parlement européen. Selon lui, l'UE est un interlocuteur fondamental d'un point de vue politique, mais aussi le principal partenaire économique de la Libye, avec le volume d'échanges le plus élevé, surtout en produits énergétiques. Ainsi, l'UE « a la responsabilité et doit expliquer aux interlocuteurs libyens que ce n'est qu'avec un accord politique que la situation sera acceptable pour tous, qu'il n'y a que de cette façon là que les flux économiques pourront être maintenus », a-t-il ajouté. M. Leon a aussi considéré que l'Europe avait « beaucoup à dire » en termes de sécurité, car plusieurs pays européens ont été impliqués dans la chute du régime Khadafi et étaient donc vus comme des parties prenantes de cette révolution.

Le Représentant spécial a précisé qu'il était temps que la communauté internationale envoie un message « très fort pour la Libye » pour chercher une solution politique. « Il faut que chacun dépasse ses propres intérêts pour chercher l'intérêt de la Libye », a-t-il prévenu.

Le processus de Ghadamès 2, celui de la dernière chance ?

M. Leon a aussi souligné que le processus de paix de Ghadamès 2 était peut-être celui « de la dernière chance » pour la Libye. « Si on n'est pas capable de profiter du processus de Ghadamès 2, il risque d'y avoir plus d'instabilité (…) on risque de donner plus de pouvoirs a ceux qui provoquent l' affrontement », a-t-il prévenu. Ce processus devrait reprendre le 9 décembre.

Selon M. Leon, le processus ne devrait pas inclure uniquement des acteurs politiques. La table de négociation politique sera centrale, au sens large du terme, mais trois autres tables le seront aussi: une qui inclura les milices, une avec les chefs tribaux et une dernière avec les partis politiques. « On espère lancer un processus inclusif et un vaste débat pour parvenir à une solution », a expliqué M. Leon, tout en précisant que la « situation est tellement détériorée qu'il est difficile de dire si cela réussira ou non ». Il a précisé que la première phase de la négociation portera sur la feuille de route, avec la désignation d'un gouvernement d'unité nationale et la relance du processus constitutionnel. La deuxième phase, « si la première est couronnée de succès », porterait sur les autres éléments.

Soutien international aux discussions

Dans un communiqué commun, le 3 décembre, les ministres des Affaires étrangères français, allemand, italien, espagnol, britannique, le secrétaire d'État américain, la Haute Représentante et le sous-secrétaire général de l'ONU pour les Affaires politiques ont salué l'annonce de M. Leon concernant la nouvelle série de pourparlers réunissant les acteurs libyens les plus importants et les réactions positives des parties. Ils les ont exhortés à participer « de manière constructive et sans aucune condition » à ce processus, « ce qui représente la voie la plus viable pour que la Libye trace son propre avenir ». Les politiques ont prévenu qu'ils considéreraient la possibilité de prendre des mesures supplémentaires, si « les parties prenantes clés ne parvenaient pas à participer au processus dirigé par l'ONU ».

Appuyant fermement les efforts des Nations Unies pour travailler avec des intervenants clés pour construire un gouvernement d'unité nationale, les participants se sont engagés à soutenir un tel gouvernement. Ils ont aussi fermement condamné les récentes violences et appelé une nouvelle fois à une cessation « immédiate » des hostilités.

Lundi 1er décembre, devant le Parlement européen, la Haute Représentante, Federica Mogherini, avait souligné que la Libye était « un des scenarios difficiles auxquels nous sommes confrontés ». « Il faut travailler avec les différentes parties qui rejettent la violence, pour qu'elles gèrent ensemble le pays. Mais les faire s'asseoir ensemble sera ardu », a-t-elle prévenu. (CG)

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