Bruxelles, 03/12/2014 (Agence Europe) - Le Premier ministre du Liban, Tammam Saeb Salam, a appelé, mardi 2 décembre, l'Union européenne à soutenir davantage son pays, qui accueille plus d'un million de réfugiés syriens et subit des actes terroristes.
« Le conflit en Syrie a un impact particulièrement grave sur le Liban qui accueille le plus grand nombre de refugiés par habitant, avec tout ce que cela représente d'un point de vue économique, politique, social et de sécurité. (…) Notre hospitalité est mise à très rude épreuve, c'est trop nous demander. Nous ne pouvons pas nous en sortir seuls », a-t-il prévenu.
Tout en saluant le soutien déjà apporté par l'UE et ses États membres, le Premier ministre a souligné qu'il s'agissait d'une « crise sans précédent, qui requiert une réaction sans précédent ». « Le problème des réfugiés syriens est un véritable problème, nous sommes au maximum de nos capacités: nous avons besoin de plus d'aides humanitaire et financière, de soutien à nos institutions, à nos structures », a-t-il souligné. M. Salam a souligné que l'UE pouvait aussi soutenir le Liban grâce à la politique de voisinage. Pour lui, le soutien n'est pas seulement économique, mais signifie aussi soutenir « la philosophie de la coexistence, de la tolérance, de l'ouverture et de la diversité » que représente le Liban.
Le Premier ministre a aussi rappelé que son pays et sa région étaient confrontés au terrorisme. « Le moment est venu de lancer un appel au soutien de nos forces armées », a-t-il souligné, précisant que les terroristes sont bien armés et bien équipés.
M. Salam est aussi revenu sur le conflit israélo-palestinien. Rappelant la colonisation et les confiscations de terres par Israël, il a expliqué que l'UE était « bien placée » pour dénoncer les comportements et pouvait utiliser « un vaste arsenal de moyens diplomatiques et économiques pour défendre une paix juste et exhaustive basée sur des conditions justes et le respect du droit international ». Le Premier ministre a précisé que le manque d'horizon d'un processus politique sérieux causait en outre une « instabilité alarmante » qui provoquait « plus d'extrémisme au détriment de plus de modération, qui est nécessaire ». (CG)