Bruxelles, 03/12/2014 (Agence Europe) - Le commissaire chargé de l'Économie numérique, Günther Oettinger, a rencontré, mardi 2 décembre à Bruxelles, le ministre-président de l'État allemand du Baden-Württemberg, Winfrid Kretschmann, afin d'évoquer ensemble le développement de l'industrie « 4.0 » dans cette région au potentiel prometteur.
Rappelant que tous les services aux citoyens et l'industrie européenne entière seront - et sont déjà pour certains - régis par les technologies numériques, le commissaire a évoqué, au-delà de la situation économique de la région allemande, la nécessité pour toutes les régions européennes d'investir dans les infrastructures numériques pour connecter tous les Européens. « Nous ne pouvons pas attendre. L'Internet à grande vitesse est l'un des secteurs clés de l'offensive en matière d'investissements présentée la semaine dernière par le président Juncker », a souligné M. Oettinger.
Le ministre-président Kretschmann a, pour sa part, souligné l'importance de disposer d'un cadre efficace pour la protection des données et évoqué le défi de disposer d'une main-d'oeuvre qualifiée spécialisée dans les technologies numériques. Il a également demandé d'intensifier la coopération européenne dans le domaine numérique, en demandant de laisser de côté les intérêts nationaux pour développer un vrai leadership européen.
Répondant à une question sur la part qui serait attribuée au secteur numérique par le plan d'investissement de 315 milliards d'euros présenté par M. Juncker, M. Oettinger a déclaré que son ambition était d'obtenir « quelques milliards d'euros » pour la mise en place des infrastructures numériques nécessaires, mais qu'il fallait attendre les chiffres complets qui seront disponibles en février ou mars 2015. Enfin, interrogé sur la résolution non contraignante du Parlement européen votée la semaine dernière en faveur d'une scission des activités de Google, résolution qui fait pression sur la Commission européenne pour une action en ce sens, M. Oettinger n'a pas voulu faire de commentaires précis à ce stade (« laissez-moi rester défensif »). Le cas Google n'est pas clos, la procédure est en cours et la Commission examine actuellement les commentaires que lui ont communiqués plusieurs parties prenantes. « Alors nous aurons une décision juste et logique, reposant sur une base juridique claire», a-t-il ajouté, en insistant sur le fait qu'il ne s'agira pas d'une décision « politique ni populiste ».
Rappelons que la semaine dernière, le gouvernement allemand a envoyé une lettre à la Commission européenne lui demandant d'intervenir fermement à propos des moteurs de recherche, et Google search en particulier, dont la position dominante écrase les opérateurs européens. (IL)