Bruxelles, 27/11/2014 (Agence Europe) - De nombreux groupes d'intérêt ont réagi à la présentation, mercredi 26 novembre, du plan d'investissement de la Commission européenne (EUROPE 11205).
Sous la bannière Insurance Europe, les assureurs, qui sont les investisseurs institutionnels principaux avec 8 500 milliards d'euros d'actifs gérés, examineront le plan 'Juncker' « avec intérêt » et attendent avec impatience les discussions à venir sur la façon de « supprimer les barrières » à l'investissement. La Fédération bancaire européenne (FBE) souligne également l'importance de disposer en Europe de « certitude et de stabilité réglementaires » pour canaliser les flux d'investissement de long terme, notamment en matière d'accès aux marchés des capitaux et de mise à contribution des banques nationales et multilatérales de développement économique. « Des progrès plus rapides et visibles en matière d'intégration budgétaire et financière sont aussi essentiels pour restaurer la confiance des entreprises », estime la FBE.
L'Association des chambres européennes du commerce et de l'industrie (Eurochambres) se félicite de l'approche du plan qui consiste à mobiliser une partie de fonds publics (16 milliards d'euros provenant du budget de l'UE et 5 milliards de la BEI) pour créer un effet de levier afin d'attirer jusqu'à 15 fois plus de fonds privés. « Il s'agit d'un signal important aux administrations publiques européennes sur la façon d'optimiser l'impact de ressources budgétaires publiques sous pression », estime-t-elle, ravie que soit mis un terme à « la culture de la subvention ». Et d'appeler à des mesures complémentaires facilitant l'absorption des fonds et à l'insertion, dans le programme de travail 2015 de la Commission, d'initiatives favorisant l'achèvement du marché intérieur numérique et des services. Pour la principale organisation patronale européenne, la réussite du plan d'investissement dépendra du franchissement d'autres étapes « plus ambitieuses ». Le vrai défi pour la Commission est de « faire tomber les obstacles à l'investissement à travers l'UE », a estimé Emma Marcegaglia, la présidente de BUSINESSEUROPE. L'organisation souligne l'importance de choisir des projets qui n'auraient pas vu le jour sans la création du Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS) sous l'égide de la BEI.
Quant au Centre européen des entreprises à participation publique et des entreprises d'intérêt économique général (CEEP), il est d'avis que le plan 'Juncker' constitue « l'instrument adéquat » qui, s'il prouve son efficacité, gagnerait à être pérennisé. Il accueille favorablement le fait que les contributions nationales au FEIS ne seront pas comptabilisées au titre du Pacte de stabilité et de croissance. Et d'appeler les États membres à s'engager activement dans cette initiative lors du Conseil européen de décembre.
D'autres organisations européennes n'ont pas émis un avis aussi positif. La Confédération européenne des syndicats (CES) voit, certes, d'un bon oeil la volonté de stimuler l'investissement, mais, selon elle, « la Commission semble compter sur un miracle financier comme celui de la multiplication des pains ». « Il faudra en faire bien davantage pour relancer l'économie en Europe », a déclaré Bernadette Ségol, la secrétaire générale de la CES.
La Social Platform, qui regroupe 49 organisations défendant les droits fondamentaux, critique le plan 'Juncker' qui n'inclut pas de forte composante sociale. « Le modèle social européen ne survivra pas, à moins d'un engagement ferme en faveur d'investissements liés à des politiques sociales intégrées et ambitieuses », a-t-elle prévenu, considérant une telle démarche vitale pour parvenir à « une croissance non seulement 'intelligente' mais aussi 'inclusive' ». La plate-forme demande l'inclusion d'un expert en politiques sociales dans le comité d'experts qui sera chargé au sein du FEIS de sélectionner les projets sur la base d'une liste ouverte de projets que la 'task force' BEI/Commission rendra publique la semaine prochaine.
Enfin, Counter balance, une coalition européenne d'ONG dans les secteurs de l'environnement et du développement, met en garde contre le mécanisme envisagé qui comporterait le risque de socialiser les pertes survenant dans certains investissements. « La crise de la dette souveraine était la conséquence d'un équilibre injuste en matière de prime à la prise de risque. Les grandes banques ont pris les profits pendant que les risques étaient supportés par les contribuables. Au lieu de rééquilibrer cette injustice, le plan 'Juncker' vise à généraliser ce principe à toute l'économie », a-t-elle critiqué. (MB)