Strasbourg, 27/11/14 (Agence Europe) - Les bénéficiaires de la politique de cohésion ne doivent pas craindre que les fonds structurels et d'investissement européens (FSIE) soient affectés au Fonds européen d'investissements stratégiques (sous l'égide de la BEI) concocté par Jean-Claude Juncker pour les trois prochaines années. Toutefois, y recourir de façon plus systématique sous forme d'instruments financiers innovants devrait maximiser l'ampleur du plan d'investissement. De 20 à 35 milliards d'euros pourraient venir gonfler par effet de levier les prévisions pour le nouveau fonds.
Instruments innovants. Dans son plan de relance pour l'UE, le président de la Commission européenne recommande en effet que les FSIE ne soient plus utilisés exclusivement sous forme de subventions classiques, mais de plus en plus en tant que prêts, fonds propres et garanties. Une approche qui avait été amorcée à la fin de la période de programmation financière précédente (2007-2013) et qui devrait monter en puissance au cours de la période 2014-2020. Le nouveau cadre législatif permet le recours aux instruments innovants dans davantage de secteurs désormais (seuls étaient couverts les PME, l'efficacité énergétique et le développement urbain en 2007-2013).
Effet de levier. Lors de la période précédente, la manoeuvre avait permis de générer 12 milliards d'euros par effet de levier, explique une source. En généralisant le recours aux instruments financiers innovants sous cette période et en misant sur un effet de levier de 1 à 3 et de 1 à 4, la Commission européenne espère dégager de 20 à 35 milliards d'euros supplémentaires. Des sommes qui viendraient compléter les 315 milliards escomptés du Fond européen d'investissement stratégique, table la Commission européenne.
Moins de subventions traditionnelles. Lors de la présentation de la stratégie de relance, le commissaire européen à l'Emploi, à la Croissance, aux Investissements et à la Compétitivité, Jyrki Katainen, a, de ce fait, déclaré que, si les États membres utilisaient de manière adéquate les FSIE, cela améliorerait la capacité du Fonds. Son homologue chargée de la Politique de cohésion, Corina Cretu, a confirmé pour sa part que la politique de cohésion apporterait une contribution majeure au paquet d'investissement dans les prochaines années, en ne se concentrant plus uniquement sur des « subventions traditionnelles ». (MD)