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Bulletin Quotidien Europe N° 11192
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) bce

De nouvelles mesures non conventionnelles en préparation si besoin

Bruxelles, 06/11/2014 (Agence Europe) - La BCE a fait un pas supplémentaire vers l'adoption de nouvelles mesures non conventionnelles, jeudi 6 novembre, en demandant unanimement à son personnel de garantir la préparation rapide de telles mesures à n'appliquer qu'en cas de nécessité.

Notre personnel a « la crédibilité suffisante » pour préparer des mesures « qui seront appliquées si besoin », a indiqué le président de la BCE, Mario Draghi. Ces mesures - qui pourraient inclure un programme de rachat massif de titres souverains de pays de la zone euro ('QE à l'européenne') - pourront être élaborées avec diligence même si aucun délai concret n'a été fixé, parce que « nous savons que les risques baissiers » sur l'économie de la zone euro ont augmenté et « que nous devons être préparés » à toute éventualité, a-t-il ajouté. Le lancement de telles mesures s'avérera nécessaire si « les mesures actuelles » (opération 'TLTRO' d'injection massive de liquidité, programmes de rachat massif de titres ABS à risque pondérés et d'obligations sécurisées) « sont insuffisantes » et si « les perspectives d'inflation empirent ». Et M. Draghi de souligner plusieurs fois que cette initiative a été souscrite par « tous les membres » du Conseil des gouverneurs.

Interrogé sur le programme de rachat massif de titres (EUROPE 11168), le président de la BCE a rappelé que l'institution européenne avait commencé à acquérir des titres ABS et qu'elle le ferait « bientôt » pour les obligations sécurisées. Ce programme, qui durera au moins deux ans, aura un « impact substantiel » sur « la taille et la composition » du bilan de la BCE qui retrouvera la taille qu'il avait « début 2012 ». M. Draghi a insisté sur le fait que le Conseil des gouverneurs soutient unanimement cette déclaration alors que, selon la presse, certains gouverneurs lui auraient reproché de s'être trop avancé dans la quantification de ce programme. « Il est normal d'avoir des désaccords sur certaines choses. Cela se produit partout, au Royaume-Uni, au Japon », a estimé M. Draghi, qui s'est inscrit en faux contre toute « coalition » entre gouverneurs de part et d'autre d'une frontière séparant l'Europe du Nord et l'Europe du Sud.

La BCE a pris acte des révisions à la baisse des perspectives de croissance dans l'eurozone. Après la Commission européenne mardi (EUROPE 11190), l'OCDE a relevé, jeudi, le risque que représente la zone euro pour la croissance mondiale. Dans l'eurozone, la croissance n'augmenterait que de 0,3 point à 1,1% du PIB l'année prochaine. L'OCDE plaide pour une politique monétaire plus robuste de la BCE.

Sur la publication, dès 2015, de résumés des réunions mensuelles de la BCE, M. Draghi a annoncé que le Conseil des gouverneurs aurait une discussion approfondie sur cet enjeu en « décembre ». « Nous en sommes à un stade avancé », a-t-il indiqué. Selon lui, cet exercice devra préserver « l'indépendance des gouverneurs » ainsi que « la candeur des échanges » et aider les marchés à bien interpréter les délibérations. Comme en octobre, la BCE a décidé, jeudi, de ne pas modifier le niveau de ses taux directeurs réduits par surprise en septembre (EUROPE 11148). Le taux des opérations principales de refinancement reste donc à +0,05%, celui de la facilité de prêt marginal à +0,3% et celui de la facilité de dépôt à -0,2%. (MB)

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