Bruxelles, 30/10/2014 (Agence Europe) - À l'heure où nous mettions sous presse, jeudi 30 octobre, la Commission européenne sortante, pilotée par José Manuel Barroso, restait confiante qu'un accord pouvait être trouvé avant le terme de son mandat, vendredi 31 octobre, pour régler le différend gazier russo-ukrainien et rétablir les livraisons de gaz russe vers l'Ukraine pour l'hiver 2014/2015.
« Un accord est à portée de main », assurait la porte-parole de la Commisison sortante, Pia Ahrenkilde, jeudi midi, au lendemain d'une interminable réunion trilatérale entre le commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger, et les ministres russe et ukrainien de l'Énergie, Alexander Novak et Iouri Prodan, et les patrons des gaziers russe et ukrainien, Gazprom et Naftogaz. Une réunion qui s'était achevée à 4 heures du matin sans l'annonce d'un accord. Mais l'exécutif européen avait toutefois indiqué qu'un projet de protocole d'entente avait été préparé et envoyé aux gouvernements russe et ukrainien. Des réunions bilatérales et trilatérales se poursuivaient dans l'après-midi de jeudi et devaient se prolonger dans la soirée.
Mercredi, le président Barroso avait appelé au téléphone, à plusieurs reprises, le président ukrainien, Petro Porochenko, pour lui signifier qu'un accord avait été trouvé sur la base des propositions de la Commission. Jeudi matin, M. Barroso exhortait « toutes les parties à saisir l'opportunité de conclure les négociations pour garantir un approvisionnement en gaz de l'Ukraine continu, fiable et basé sur une solution de marché ».
Si un accord avait été trouvé sur le prix et sur le cadre d'ensemble, sa signature restait suspendue jeudi à la question du financement par l'Ukraine de sa dette à l'égard de Gazprom et du paiement à l'avance des livraisons de gaz pour l'hiver 2014/2015. Le PDG de Gazprom, Alexeï Miller, avait estimé mercredi que l'UE et l'Ukraine devaient se mettre d'accord sur un protocole bilatéral prévoyant des garanties financières européennes pour l'Ukraine. Jeudi matin, M. Miller avait affirmé que les négociations ne reprendraient qu'en cas d'accord entre Bruxelles et Kiev.
« Il ne faut pas s'imaginer que l'Ukraine est un obstacle. On travaille avec les deux parties pour arriver à un résultat », assurait la porte-parole de la Commission, Pia Ahrenkilde, jeudi midi. Pourtant, le commissaire Oettinger, qui restait déterminé à arracher, avant le terme de son mandat, un accord provisoire entre la Russie et l'Ukraine afin de sécuriser l'approvisionnement de l'UE en gaz russe transitant par l'Ukraine à l'hiver 2014/2015, avait évalué, mercredi, à 50% les chances de parvenir à un accord, compte tenu de l'insolvabilité de l'Ukraine.
À la sortie de la réunion trilatérale du 21 octobre, les éléments suivants d'un accord n'étaient plus disputés: - le paiement par l'Ukraine d'une partie de sa dette à l'égard de Gazprom au prix de 268,5 dollars les 1 000 m3 et en deux temps d'ici fin 2014, avec une première tranche de 1,45 milliard de dollars d'ici fin octobre et une seconde tranche de 1,65 milliard de dollars d'ici fin décembre ; - la livraison à l'Ukraine par Gazprom, jusqu'en mars 2015, d'un volume encore non arrêté (mais qui avoisinerait les 4 à 5 milliards de m3) qui sera payé par l'Ukraine au tarif de 385 dollars les 1 000 m3. L'Ukraine ne serait pas sujette aux obligations du take-or-pay, mais devrait payer les livraisons à l'avance chaque mois ; - le paiement des frais de transit serait garanti par la Russie. (EH)