Bruxelles, 09/10/2014 (Agence Europe) - La candidature très controversée de Miguel Arias Canete au poste de commissaire européen à l'Action pour le climat et à l'Énergie a fait couler beaucoup d'encre et les critiques n'ont pas tari au lendemain du vote d'évaluation favorable des commissions parlementaires compétentes, les environnementalistes se demandant toujours, jeudi 9 octobre, si oui ou non le futur commissaire serait supervisé par un vice-président responsable du Développement durable - un éventuel lot de consolation, mais une hypothèse non confirmée par M. Juncker.
Les députés ont estimé, à une confortable majorité, avec l'appui du groupe S&D et au grand dam des Verts/ALE et de la GUE, que le conservateur Miguel Arias Canete était apte à être commissaire (83 voix pour, 42 contre) et, dans une moindre mesure , qu'il était la bonne personne pour le portefeuille qui lui échoit (77 voix pour, 48 contre). La condition sous-jacente à ce vote favorable serait la garantie que le Premier vice-président, Frans Timmermans, voie ajouter à son portefeuille la responsabilité de superviser tout ce qui aura trait au développement durable - une requête formulée par les groupes S&D et Verts/ALE. Interrogé jeudi à ce sujet, le porte-parole de M. Juncker a botté en touche, se contentant d'affirmer: « À ce stade, M. Juncker n'a pas pris de décision d'ajustement des portefeuilles ».
Pour l'ONG Friends of the Earth (FoE), qui avait appelé au rejet de cette candidature « au nom de la crédibilité des institutions de l'UE », M. Canete est « la mauvaise personne au mauvais poste », comme le pensent plus de 600 000 citoyens européens signataires de la pétition lancée par Avaaz pour barrer la route à cette candidature. « Nous sommes déçus que le Parlement ait soutenu la candidature de M. Canete, dont nous pensons qu'il continue à avoir des conflits d'intérêts. Les citoyens vont observer de près ses actions et il aura à faire la preuve qu'il agit en toute indépendance, pour le bénéfice du climat, non des pollueurs », a déclaré Magda Stockziewicz, directrice de l'ONG. Si elle était confirmée, la reconnaissance de la nécessité d'inclure la durabilité, le climat et l'énergie au plus haut niveau politique du processus décisionnel de la Commission serait à saluer, estime-t-elle. Et d'ajouter que , dans ce cas, « le vice-président Timmermans devra garantir que la durabilité sera au coeur de toutes les décisions de l'UE et - chose primordiale - qu'elle guidera notre politique climatique et énergétique ». (AN)