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Bulletin Quotidien Europe N° 11173
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Le groupe Magritte veut saper l'ambition du cadre 2030 (Greenpeace)

Bruxelles, 09/10/2014 (Agence Europe) - La bagatelle de 116 milliards d'euros: tel est le revenu tiré en 2011 par les huit plus grands électriciens européens des importations de combustibles fossiles provenant hors de l'espace économique européen, selon un rapport publié par Greenpeace, jeudi 9 octobre. Voilà pourquoi les géants de l'énergie veulent continuer à s'appuyer sur ces énergies polluantes malgré le coût politique, environnemental et financier de ces dernières pour l'Europe, explique l'ONG environnementaliste.

Intitulé « Ligotés: pourquoi les géants de l'énergie veulent nous maintenir dépendants aux combustibles fossiles importés », ce rapport montre que les huit plus grandes entreprises d'électricité dans l'UE, qui dépendent des importations pour un tiers de leurs revenus de la vente d'énergie et de gaz, ont généré 116 milliards de revenus sur la base de gaz et de charbon importé de l'EEE. Parmi elles, l'énergéticien allemand E.ON (36 milliards d'euros), le Français GDF Suez (23 milliards d'euros) et l'Italien ENEL (18 milliards d'euros) ont tiré les plus importants revenus de leurs importations. « Ces entreprises dépendent du maintien de la vulnérabilité géopolitique de l'UE », critique l'ONG. Chaque année, l'UE dépense 400 milliards d'euros pour acheter hors de ses frontières 53% de l'énergie qu'elle consomme.

Greenpeace accuse le groupe Magritte, dont font partie six des huit entreprises pointées du doigt, de « s'opposer à des politiques énergétiques progressistes » et de saper l'ambition du cadre pour les politiques énergétique et climatique de l'UE à l'horizon 2030, sur lequel les dirigeants européens doivent s'accorder au Conseil européen des 23 et 24 octobre. « Si certaines compagnies d'électricité telles que EnBW, SSE, Dong et Verbund sont en faveur d'une plus grande efficacité énergétique et des énergies renouvelables, celles du groupe Magritte rejettent tous les objectifs du cadre 2030, bien qu'ils aideraient l'Europe à lutter contre la menace mondiale du changement climatique », déplore l'ONG environnementaliste.

« Les entreprises dont le business dépend des importations de combustibles fossiles en provenance de pays politiquement instables comme la Russie et l'Algérie sont de mauvais conseillers sur la façon de réduire la dépendance de l'Europe aux importations d'énergie. Nos dirigeants doivent soutenir fermement des objectifs forts pour stimuler les renouvelables et les économies d'énergie », insiste Greenpeace, appelant le Conseil européen à soutenir des objectifs de 45% d'énergies renouvelables, de 40% d'efficacité énergétique et une réduction de 55% des émissions de carbone dans le cadre Énergie/Climat 2030. (EH)

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