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Bulletin Quotidien Europe N° 11173
SOMMET SUR L'EMPLOI / (ae) Économie

Pas de flexibilité dans les règles budgétaires sans réformes

Milan, 09/10/2014 (Agence Europe) - Les réformes structurelles à adopter aux niveaux européen et national pour retrouver le chemin de la croissance ont constitué une autre grille de lecture du sommet européen extraordinaire consacré à la lutte contre le chômage des jeunes, mercredi 8 octobre à Milan.

« Nous n'avons pas gagné la bataille de la croissance. La réalité, c'est que la croissance est faible et inégale. (…) Et si les pays qui s'en sortent le mieux ont une chose en commun aujourd'hui, c'est le fait qu'ils ont avancé dans les réformes structurelles avec plus de détermination », a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à l'issue des travaux.

Officiellement, personne ne conteste la volonté des États considérés à la traîne, comme l'Italie et la France, de réformer leur économie et de respecter les règles existantes au niveau européen. Hôte de la conférence, le Premier ministre italien, Matteo Renzi, a reçu un soutien appuyé de ses partenaires sur la réforme du marché du travail que son gouvernement tente, non sans mal, de faire adopter. « Les réformes ont lieu. Regardez le 'Jobs Act' en Italie », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel. Je n'ai pas de raison de douter que la France respectera ses engagements et que l'Italie ne fera pas de même, a-t-elle ajouté.

« Qui veut changer le monde doit d'abord commencer à le faire chez soi », a considéré M. Renzi, convaincu que son pays sera « crédible » lorsqu'il aura accompli sa part du chemin. Il a fortement critiqué les tentatives d'obstruction de ses adversaires politiques au Sénat qui a approuvé, mercredi, la réforme du marché du travail. Et d'assurer que son pays, dans la loi budgétaire qu'il transmettra mi-octobre à la Commission, continuera à se situer en 2015 en dessous du seuil de 3% de déficit public par rapport au PIB national.

Face au « problème de croissance » qui est « trop faible pour permettre une baisse significative du chômage », le président français, François Hollande, a tiré deux enseignements: « Chaque pays doit faire des efforts pour retrouver son niveau de compétitivité » et il convient de créer en Europe « un environnement favorable » à la croissance. En France, a-t-il précisé, nous agissons pour réduire le coût du travail, moderniser le marché du travail, réformer l'apprentissage et stimuler l'innovation. Et d'assurer au passage que la France ferait en sorte de « respecter tous ses engagements budgétaires » en utilisant « toutes les flexibilités » qu'autorise le Pacte de stabilité. La France a néanmoins présenté un projet de budget 2015 qui prévoit un report, de 2015 à 2017, du retour du déficit français sous le seuil de 3% par rapport au PIB.

Une fois manifestée cette volonté d'avancer dans les réformes sur le plan national, les deux dirigeants socio-démocrates ont plaidé pour une réorientation des politiques menées en Europe. « Si l'Europe n'est pas capable d'offrir un espoir, alors les peuples se détourneront de l'Europe », a prévenu M. Hollande. Selon le jeune Premier ministre italien, la situation économique actuelle oblige les Européens à « réfléchir sur le modèle de développement économique » existant. Il a, à ce titre, évoqué la « contradiction » entre le désir d'agir pour stimuler l'économie et le corset imposé par les règles budgétaires européennes: si nous soldons les 3 milliards d'euros que représente le retard de paiement de l'administration publique aux opérateurs économiques ou si nous consommons l'entièreté des financements structurels européens et donc si nous fournissons notre part de cofinancement national, alors nous ne respecterons pas le seuil de 3% du PIB de déficit public inscrit dans le Pacte de stabilité. Dans un tel cas de figure, l'Italie s'exposerait alors à une nouvelle procédure pour déficit excessif.

L'Allemagne a été invitée à faire davantage pour relancer l'activité. « Il y a des pays en situation de fournir un soutien à la demande intérieure » pendant que la France mène ses réformes structurelles, a considéré M. Hollande. « L'Allemagne prend des mesures pour stimuler la demande », a rappelé Mme Merkel: un salaire minimum sera en place à partir de janvier 2015 et un plan d'investissement dans le secteur de l'éducation va être appliqué, deux mesures qui coûteront respectivement 9 et 6 milliards d'euros. Insistant sur l'importance de rester « fidèle » au Pacte de stabilité et de croissance, la chancelière a aussi reconnu que les règles budgétaires européennes autorisaient une « flexibilité », sans préciser comment celle-ci s'appliquerait.

La question du respect des règles budgétaires dans un contexte économique préoccupant sera au coeur des sommets de l'UE et de la zone euro, fin octobre. La future Commission 'Juncker' devra préparer, d'ici à décembre, une évaluation des règles ayant révisé le Pacte de stabilité ('2 pack' et '6 pack'). (MB)

 

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