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Bulletin Quotidien Europe N° 11155
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INSTITUTIONNEL / (ae) Écosse

Le 'oui' à l'indépendance de l'Écosse se précise, mais pas son destin européen

Bruxelles, 15/09/2014 (Agence Europe) - La voie semble toute tracée pour que le oui à l'indépendance de l'Écosse l'emporte alors que celui-ci se démarque clairement dans les sondages à quatre jours du référendum historique (oscillant de 50 à 54% selon trois derniers sondages).

Plus de 90% des Écossais de plus de 16 ans ont manifesté leur intention de participer à ce scrutin historique, à même de changer le visage de l'Europe. Durant le week-end, une nouvelle question a taraudé les observateurs: quid de la reine du Royaume-Uni ? Elizabeth II a choisi de ne pas se positionner dans le processus démocratique et s'est contentée, dimanche 14 septembre, de conseiller aux Écossais de bien réfléchir. Les indépendantistes eux ont l'intention de conserver la reine comme chef d'État, comme dans 25 autres pays de par le monde. C'est donc somme toute une indépendance à la carte que les Écossais négocieraient dans les 18 mois à venir si la victoire leur est bien acquise jeudi prochain. D'une part, c'est leur sécession du Royaume-Uni que les Écossais devraient négocier, avec la pénible question monétaire (les indépendantistes prévoient de conserver la Livre sterling). Présent en Écosse pour la dixième et dernière fois en un mois avant le scrutin, le Premier ministre David Cameron devait rappeler le caractère définitif et irréversible d'un oui à l'indépendance, en fin de journée lundi 15 septembre.

Le casse-tête européen. D'autre part, il s'agirait aussi pour Édimbourg de négocier la « ré-adhésion » de ce nouveau pays à l'Union européenne. Or, cet exercice semble d'ores et déjà semé d'embûches. La Commission européenne s'obstine à ne pas commenter cette éventualité depuis la montée en puissance de la campagne. Toutefois, par le passé, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le président du Conseil européen ont déjà confirmé que les traités ne s'appliqueraient plus à un nouvel État créé par sécession au sein de l'UE, faisant de facto de celui-ci un État tiers à l'UE. L'hypothèse la plus probable en cas de victoire du oui serait d'entamer un processus d'accession, bien que l'Écosse applique déjà toutes les règles européennes. Se posent également les questions liées entre autres au calcul de la participation écossaise au budget européen (avec ou sans rabais ?), de la répartition des fonds structurels, des quotas de pêche, de l'adhésion ou non à l'espace Schengen (les indépendantistes évoquent un opt out), et à terme à la zone euro. Soit autant de cas de figure inédits, nécessitant des modifications du Traité de Lisbonne, ce qui requerrait l'approbation du Conseil et du Parlement européen. Une ratification périlleuse, alors que d'autres États membres, comme l'Espagne ou la Belgique, doivent faire face à de puissants courants indépendantistes. (MD)

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