Bruxelles, 15/09/2014 (Agence Europe) - Vivement préoccupée par la propagation exponentielle du virus Ebola en Afrique de l'Ouest, l'UE a peaufiné, lundi 15 septembre à Bruxelles, sa réponse coordonnée à cette épidémie dévastatrice dans les pays affectés d'Afrique de l'Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone et Nigeria). Les participants à la réunion de haut niveau accueillie par la Commission européenne en présence de représentants des Nations Unies (EUROPE 11153) ont confirmé leur volonté d'agir sur tous les fronts - assistance humanitaire, protection civile, santé, coopération au développement, transport, éducation, sécurité, relations extérieures - pour aider les pays affectés à endiguer l'épidémie. De cette réflexion commune a émergé l'idée « d'élaborer rapidement une solution conjointe pour le rapatriement médical, coordonnée au niveau européen, et qui permettrait, via le système d'alerte rapide, d'échanger et de coordonner les demandes et les offres. La question sera d'ailleurs débattue lors du Conseil informel des ministres de la Santé, lundi 22 septembre à Milan », a indiqué Tonio Borg, commissaire européen à la Santé.
« Nous sommes d'accord sur l'importance capitale qu'il y a à mettre en place des systèmes fiables d'évacuation médicale pour le personnel humanitaire et médical dans les pays contaminés, de façon à conserver toute son efficacité à la réponse internationale sur le terrain. À cette fin, nous sommes convenus de lancer sans délai les préparatifs en vue de l'élaboration d'un mécanisme européen de coordination des évacuations médicales. Les participants à la réunion ont fait part de leur satisfaction à l'égard d'une proposition française susceptible de servir de base à une discussion plus approfondie sur un tel mécanisme », soulignent dans une déclaration conjointe Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement, Tonio Borg, commissaire européen à la Santé, et Kristalina Georgieva, commissaire européenne à la Coopération internationale, l'Aide humanitaire et la Réponse aux crises. À ce jour, l'UE a engagé près de 150 millions d'euros pour aider les pays affectés (dont 140 millions d'euros tout récemment - EUROPE 11149). Andris Piebalgs, commissaire au Développement, a rappelé qu'à ce stade, l'épidémie se développe beaucoup plus rapidement que les moyens apportés pour l'endiguer, que « selon l'OMS, la crise se poursuivra pendant neuf mois au moins et qu'une fois qu'elle sera maîtrisée, les besoins en reconstruction des systèmes de santé dévastés seront immenses ». Il a formulé l'espoir que cette réunion fructueuse permettra à l'UE de parler d'une voix forte, la semaine prochaine à New York, lors de la réunion onusienne sur l'Ebola.
Tonio Borg a estimé que, même si le risque est très faible de voir le virus se propager aux pays de l'UE, « compte tenu des modes de transmission et des systèmes de santé de très haute qualité, il faut néanmoins rester en alerte et être préparé ». Ce à quoi s'emploie l'UE. « Nous devons trouver les moyens efficaces de garantir l'évacuation médicale de travailleurs de santé sur le terrain, pour être capables de les rapatrier en Europe, si le besoins s'en faisait sentir. Nous devons rassurer nos citoyens, nos entreprises, les compagnies aériennes et les entreprises de l'UE que, si le risque existe, il doit être géré et réduit. Car créer la panique conduirait à ce que personne ne veuille plus se rendre dans ces pays. Une approche hyperprudente est proportionnée. Une réaction excessive conduirait une anxiété inutile et rendrait les efforts de secours plus difficiles », a-t-il expliqué. Selon le dernier bilan de l'OMS, l'épidémie avait fait, au 12 septembre, plus de 2 400 morts et le double de cas d'infection. (AN)