Bruxelles, 15/09/2014 (Agence Europe) - Le commissaire au Commerce, Karel De Gucht, le ministre russe du Développement économique, Alexei Ulyukayev, et le chef de la diplomatie ukrainienne, Pavlo Klimkin, ont convenu, vendredi 12 septembre à Bruxelles, de repousser la mise en oeuvre provisoire de l'accord de libre-échange entre l'UE et l'Ukraine jusqu'au 31 décembre 2015.
Pendant ce temps, l'Ukraine continuera de jouir des préférences commerciales que l'UE lui octroie depuis la fin avril et qui devaient arriver à échéance au mois d'octobre. Les trois parties auront 15 mois pour poursuivre leurs consultations sur la façon de répondre aux inquiétudes soulevées par la Russie qui aurait, d'après le quotidien français Le Monde, demandé près de 2 400 modifications au projet d'accord.
La Russie redoute une arrivée sur son marché, via l'Ukraine, de produits fabriqués dans l'UE, au détriment de sa production nationale. En outre, Moscou considère que l'Ukraine ne peut pas bénéficier de conditions commerciales privilégiées avec elle et avec l'UE à la fois.
Le « processus » convenu vendredi « doit être une partie et une parcelle d'un processus de paix complet en Ukraine, respectant le droit de l'Ukraine de décider de son destin tout comme l'intégrité territoriale de l'Ukraine », précise la déclaration ministérielle conjointe publiée vendredi soir.
Sur la base de ce compromis, la Russie et l'Ukraine ont confirmé qu'elles continueront à appliquer le régime tarifaire préférentiel découlant de l'accord de libre-échange de la Communauté des États indépendants (Azerbaïdjan, Arménie, Belarus, Kazakhstan, Kirghizistan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan), par lequel l'Ukraine bénéficie des droits de douane préférentiels qui lui sont accordés par ces pays.
La zone de libre-échange est la principale mesure économique prévue dans l'accord d'association entre l'UE et l'Ukraine signé en juin. Jusqu'ici, la Commission avait toujours assuré que cette zone serait créée « rapidement », même de façon provisoire, en attendant sa ratification par les deux parties. Le Parlement ukrainien, la Rada, doit ratifier l'accord de libre-échange ce mardi 16 septembre, le Parlement européen doit, lui aussi, se prononcer sur l'accord d'association le lendemain.
L'accord de libre-échange UE/Ukraine vise en particulier à supprimer la plus grande partie des droits de douane entre les deux économies - libéralisation tarifaire pour 82,3% des produits agricoles ukrainiens, préférences pour 83,4% des exportations ukrainiennes de produits agricoles transformés et suppression des tarifs sur 94,7% des produits industriels ukrainiens.
Le régime de préférences tarifaires octroyées par l'UE à l'Ukraine depuis le printemps dernier, qui consiste en la mise en oeuvre de certaines dispositions de l'accord, offre à l'Ukraine d'importantes réductions des droits de douanes européens sur ses exportations, évaluées par la Commission à 500 millions d'euros d'économies par an. L'instauration de la zone de libre-échange rapporterait, pour sa part, de un milliard à un milliard et demi d'euros de gains par an à l'économie ukrainienne. (EH)