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Bulletin Quotidien Europe N° 11122
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) maroc

Feu vert à l'entrée en vigueur de l'accord de pêche

Bruxelles, 15/07/2014 (Agence Europe) - Le Maroc donne son feu vert à la mise en oeuvre de l'accord de pêche avec l'UE signé en novembre 2013 et ratifié par le Parlement européen en décembre 2013. L'annonce, donnée lundi par les médias espagnols sur base d'une « fuite » dans l'entourage du roi Felipe en visite d'État au Maroc, est officielle depuis ce mardi matin. L'ambassadeur marocain auprès de l'UE, Menouar Alem, a confirmé à EUROPE ce qui paraît être surtout le « cadeau royal » d'un souverain à un autre, en signe d'apaisement dans les relations entre les deux pays, soumises fréquemment à des tensions par des questions de pêche, d'agriculture ou d'immigration.

Une « note verbale » sera transmise à la Commission européenne dans le courant de la journée. Cette notification marquera la date d'entrée en vigueur de l'accord. Cela autorisera la reprise de l'activité de pêche des flottes communautaires - pour l'essentiel espagnole -, suspendue depuis la fin 2012, dès que l'autorité communautaire chargée de cette tâche aura réparti les licences d'exploitation.

L'accord couvre 6 catégories de pêche pratiquées à la fois par les flottes industrielles et au titre de la pêche artisanale. L'enveloppe financière qui accompagne l'accord, 40 millions €/an au total, se répartit comme suit: 30 millions € par an sont liés au protocole lui-même, dont 16 millions en contrepartie du seul accès à la ressource, 14 millions en sus seront affectés au soutien du secteur de la pêche marocaine et les armateurs contribueront pour leur part au total en raison de 10 millions €/an.

Outre l'Espagne, d'autres États membres, dans une bien moindre mesure, sont concernés par cet accord. Le Portugal, l'Italie, France, l'Allemagne, la Lituanie, la Lettonie, les Pays-Bas, l'Irlande, la Pologne et le Royaume-Uni y ont un intérêt.

Cette annonce marque la fin d'un épisode de controverses sur la nature de cet accord et sa couverture géographique. Le Parlement européen, lors de la précédente législature, s'est montré très attentif à cet égard. Certains groupes politiques - et des eurodéputés, individuellement - ont, à chaque occasion, soulevé la question de la souveraineté des eaux au large du Sahara Occidental, zone encore contestée. Le Polisario, réputé représentatif de la population de ce territoire, a officiellement saisi la Cour de justice européenne contre l'accord.

Dans un article, manifestement bien inspiré, le quotidien marocain L'Économiste voit venir moins de pression du Parlement européen pendant sa nouvelle législature. Certaines « bêtes noires » du Royaume sont parties.

La bonne nouvelle, selon le journal, serait l'élection à la tête de la commission pêche d'un « ami du Maroc », Alain Cadec (PPE, France). Celui-ci, « qui a été vice-président de la commission de la pêche durant le mandat précédent, a toujours soutenu la position du Maroc dans les négociations » pour un accord de pêche. Mais, ajoute le journal, « si la partie marocaine peut se réjouir de l'élection d'Alain Cadec, elle risque de froncer les sourcils quand elle apprendra que la première vice-présidence de la commission de la pêche est revenue à Isabella Lövin (Verts, suédoise), une vieille connaissance du Maroc, mais dans le mauvais sens du terme ». Il affirme que « les frictions entre les membres du futur bureau de la commission de la pêche ne manqueront pas quand seront abordées des questions politiques aussi épineuses que celles du Sahara ».

La controverse au sujet de cet accord ne serait donc pas près de s'éteindre. (FB)

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