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Bulletin Quotidien Europe N° 11122
INSTITUTIONNEL / (ae) conseil europÉen

Compléter le nouvel organigramme institutionnel de l'UE

Bruxelles, 15/07/2014 (Agence Europe) - Trois semaines après la désignation du chrétien-démocrate luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne, les leaders européens se retrouvent, mercredi 16 juillet à Bruxelles, pour compléter le nouvel organigramme institutionnel de l'UE.

Lors de ce mini-sommet, les Vingt-huit devraient au moins marquer un accord sur le poste de Haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères. La succession de la Britannique Catherine Ashton constitue un élément clef du collège des commissaires que M. Juncker, confirmé mardi 15 juillet par le Parlement européen (422 voix pour, 250 contre, 47 abstentions), s'attèle à former (voir autre nouvelle). Le futur président de la Commission « a besoin de cette nomination pour former l'ensemble du collège », a indiqué un diplomate. Objectif: finaliser la composition de la Commission d'ici à fin juillet ou début août afin que la future équipe puisse préparer les auditions devant le PE en vue d'une prise de fonction début novembre.

Mais les chefs d'État et de gouvernement de l'UE négocient bel et bien un paquet de nominations. « Il est difficile de dire que le résultat sera garanti mais c'est l'objectif », a estimé cette source pour qui « si c'est mûr, le paquet sera annoncé avant le dîner » consacré aux priorités stratégiques de la Commission et auquel participera M. Juncker.

Figure dans ce paquet la succession de M. Van Rompuy à la présidence du Conseil européen, même si cette question pourrait n'être réglée qu'à l'automne. Le nom de la Danoise Helle Thorning-Schmidt, issue de la famille sociale-démocrate, revient régulièrement dans les pronostics, mais les jeux ne sont pas faits. La France y rechigne, le Danemark étant situé hors de la zone euro. Et ce n'est pas la promesse de confier au Français Pierre Moscovici le portefeuille de commissaire aux Affaires économiques et monétaires qui éteint tous les débats. Pour Paris, la question 'qui présidera les sommets de la zone euro ?' se pose toujours et devrait être débattue au sommet mercredi soir, a indiqué une autre source diplomatique.

Du coup, l'idée de nommer au poste de président du Conseil européen un candidat libéral ou issu d'Europe de l'Est par souci d'équilibre politique et/ou géographique demeure d'actualité. Sont ainsi évoqués les noms du libéral estonien Andrus Ansip et du conservateur letton Valdis Dombrovskis. Quant au Premier ministre des Pays-Bas, Mark Rutte, qui a été sollicité par la chancelière allemande Angela Merkel, il a officiellement décliné l'offre davantage soucieux de sauver son gouvernement, a révélé la presse néerlandaise.

Lien avec la répartition des portefeuilles de la Commission

Paquet de nominations ou pas, ce mini-sommet sera l'occasion pour les États membres de mettre sur la table leurs desiderata concernant l'attribution des postes au sein de la Commission. « Derrière la question des 'top jobs', il y a évidemment celle des portefeuilles de la Commission souhaités par les États membres », avait expliqué une source issue d'un grand pays, vendredi 11 juillet. Cet enchevêtrement d'intérêts nationaux pourrait faire traîner les discussions en longueur.

L'Italienne Federica Morgherini, la jeune ministre des Affaires étrangères, fait figure de favorite pour succéder à Mme Ashton. Elle est talonnée par la Bulgare Kristalina Georgieva, actuelle commissaire à l'Aide humanitaire. Mais les pays baltes et la Pologne rechignent à ce que soit nommée la ministre italienne qu'ils considèrent peu expérimentée et, dans le contexte de la crise ukrainienne, trop conciliante avec Moscou en raison d'enjeux gaziers liant l'Italie à la Russie. À la radio publique, le Premier ministre lituanien, Algirdas Butkevicius, s'est d'ailleurs ouvertement prononcé contre la candidature de Mme Morgherini que l'Italie continue à mettre en avant. Depuis Strasbourg, le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Sandro Gozi, a immédiatement répliqué en n'excluant pas que la décision de nommer la ministre italienne des Affaires étrangères s'effectue à la majorité qualifiée, comme ce fut le cas pour la désignation de M. Juncker.

Pour le poste de Haut représentant, aucun autre rival sérieux des deux femmes politiques n'a émergé, à l'exception du ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski. Un temps pressenti, celui-ci a été pénalisé par un scandale d'écoutes en Pologne et une attitude jugée cette fois trop hostile à Moscou.

Devant le PE, M. Juncker a insisté, mardi, sur la nécessité pour l'UE d'avoir un(e) Haut(e) représentant(e) disposant d'une solide expérience et capable de combiner exigences européennes et nationales de manière « plus efficace que par le passé ». Une exigence qui n'écarte toutefois pas automatiquement la jeune ministre italienne, a précisé l'entourage de M. Juncker.

Mardi, certains pays évoquaient la possibilité que soit incluse dans le paquet de nomination la présidence de l'Eurogroupe, alors que le mandat du Néerlandais Jeroen Dijsselbloem expire fin 2015. Les discussions ne porteraient néanmoins pas sur la requête franco-allemande de fusionner les postes de président de l'Eurogroupe et de commissaire aux Affaires économiques et monétaires.

Affaires étrangères. À l'ouverture du sommet, les leaders européens évoqueront la situation en Ukraine et en Palestine (voir autre nouvelle). (SP/MB/CG)

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