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Bulletin Quotidien Europe N° 11109
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CONSEIL DE L'EUROPE / (ae) ukraine

« L'Europe ne dispose pas de mécanismes garantissant l'intégrité territoriale », selon Petro Porochenko

Strasbourg, 26/06/2014 (Agence Europe) - C'est à l'assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) que le président ukrainien, Petro Porochenko, a réservé sa première visite officielle, trois semaines après son investiture le 7 juin dernier. Certes, il connaît l'institution pour y avoir lui-même siégé mais au-delà d'un possible lien « affectif », cette visite est pleine de sens pour un homme qui a confirmé vouloir lancer de grandes réformes législatives dans son pays. Réforme de la Constitution, du code électoral, du système juridique etc., et surtout lutte contre une corruption endémique, les chantiers sont nombreux et, en ce domaine, l'expertise du Conseil de l'Europe n'a pas d'égale.

Ces remises en perspective 'État de droit' sont de toute façon inhérentes à l'accord d'association avec l'Union européenne qui sera signé ce vendredi 27 juin pour son volet économique, a souligné Petro Porochenko pour qui la lutte contre la corruption est « un énorme défi » pour l'Ukraine. « Si nous ne parvenons pas à l'éradiquer, nous perdrons les autres batailles. Il nous faut des résultats immédiats, je l'ai dit au procureur général mais je suis optimiste, nous sommes prêts pour les réformes, nous sommes prêts pour l'Europe, nous sommes prêts pour la paix ». La paix. Le mot a été lâché à la veille de l'expiration du cessez-le-feu avec les forces séparatistes décrété unilatéralement par Kiev le 14 juin dernier. « Nous voulons revenir dans un cadre civilisé », a déclaré le président ukrainien qui déplore que la Russie n'ait jusqu'à présent « pas suffisamment joué le jeu ». « Elle a annoncé qu'elle ne nous déclarerait pas officiellement la guerre - c'est une bonne nouvelle - mais en attendant une guerre non officielle se poursuit ». Il invite Moscou à appliquer un plan de paix « approuvé par la plupart des grands pays du monde » et à le « traduire en actes, pas seulement en paroles ». La première des tâches dans ce cadre sera de « passer de la défense des frontières à un contrôle pacifique de celles-ci avec l'aide de l'OSCE », affirme Petro Porochenko, qui appelle la Russie à participer de manière constructive à cette surveillance. Viendra ensuite le temps de la remise en état des infrastructures économiques dont beaucoup ont été dévastées à l'est du pays. Petro Porochenko a redit son refus de toute « idée de séparatisme venue de l'extérieur », mais a affirmé sa détermination à développer les pouvoirs locaux, les droits des minorités y compris celui de pouvoir choisir leur langue et de « déposer des fleurs sur les monuments qui leur conviennent ». « Les amendements à la Constitution que j'ai proposés correspondent à un réel programme de décentralisation du pouvoir », a-t-il précisé en insistant sur le caractère exceptionnel d'une telle démarche dans le chef d'un président nouvellement élu. Le rapprochement avec l'UE et la reconnaissance des langues régionales à côté d'une langue officielle sont pour lui le socle de l'avenir de l'Ukraine. « Tout le reste peut faire l'objet d'un débat public qui a d'ailleurs déjà commencé, mais sur ces points nous ne transigerons pas ». Pour lui, « la question essentielle est de savoir comment stopper l'escalade de la violence mais elle ne se pose pas qu'à l'Ukraine, elle concerne l'Europe toute entière qui ne dispose pas à l'heure actuelle de mécanismes garantissant aux États leur intégrité territoriale ». « Il faut un nouveau modèle car ce qui se passe chez nous peut se passer ailleurs », a conclu le président ukrainien, Petro Porochenko.

La délégation russe boude toujours les travaux de l'APCE

Aucun Russe n'était présent lors de l'allocution de Petro Porochenko puisqu'en avril dernier la délégation de ce pays a quitté l'enceinte du Conseil de l'Europe en annonçant qu'elle n'y reviendrait pas avant janvier 2015. Un coup de colère consécutif à la suspension de ses pouvoirs par l'APCE qui a voulu la sanctionner pour son rôle dans la crise ukrainienne. Cette absence porte un coup dur à une assemblée écartelée entre son rôle de défenseur de l'État de droit et sa capacité à réunir dans un même hémicycle des représentants de 47 pays parfois en conflit. L'un risque parfois de mettre l'autre en péril et c'est ce qui s'est passé lors de la session de printemps de l'APCE. « Il faut continuer à se parler, le dialogue est l'une des forces du Conseil de l'Europe », affirme la présidente de l'assemblée, Anne Brasseur. « J'ai envoyé en ce sens une lettre à Sergueï Narychkine, président de la Douma, et cela m'a valu une réponse peu flatteuse à mon égard mais je m'obstine car la crise ukrainienne ne pourra pas être résolue sans la Russie. Le rendez-vous que j'ai proposé au président de la Douma à Strasbourg la semaine prochaine ne pourra pas avoir lieu pour des raisons d'agenda mais nous avons convenu de reprendre contact début septembre », explique-t-elle. (VL)

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