Bruxelles, 26/06/2014 (Agence Europe) - Le Maroc et l'UE ont décidé d'observer une pause de réflexion dans les négociations sur un « accord de libre-échange approfondi » ALECA, apprend-on de source digne de foi.
Entamées en 2013, ces négociations sur le commerce se sont heurtées au début de cette année à une hostilité croissante des milieux économiques. Ceux-ci redoutent l'impact de l'ouverture des marchés sur une économie jugée relativement fragile en raison de la forte concurrence que produiront les produits et services européens.
Une étude d'impact financée par l'UE a abouti à des conclusions positives qui n'ont cependant pas convaincu les secteurs économiques marocains. Ceux-ci ont obtenu que le gouvernement organise une concertation plus complète avec eux. C'est dans ce contexte que la pause de réflexion est décidée.
Dans le même temps, le ministre du Commerce extérieur, Mohamed Abbou, répondant à une interpellation parlementaire, mardi 17 juin, a soutenu que les accords de libre-échange avec des pays tiers ne sont pas la cause des résultats négatifs du commerce extérieur de son pays: « les maux de la balance commerciale ne sont pas directement imputables à la signature des accords de libre-échange ». Il a affirmé que « 43% de notre déficit commercial sont enregistrés avec des pays non signataires d'ALE avec le Maroc ».
Le Maroc a en effet tendance à multiplier les accords de libre-échange. L'UE a eu l'occasion de poser la question de la compatibilité de ses accords avec certains d'entre eux, notamment l'accord de libre-échange marocain avec les États-Unis. Le ministre précise: « Aujourd'hui, le Maroc est en libre-échange avec 55 pays et continue de négocier des accords de libre-échange avec de grandes puissances commerciales telles que le Canada ou l'UE », mais il ne s'agit, à son avis, que d'un « faux débat». Il indique aussi que « 74% des importations marocaines sont des importations non substituables. Il s'agit notamment de produits énergétiques (27%) pratiquement inexistants au Maroc, ainsi que de biens d'équipements (21%) indispensables au développement agricole et industriel, ou encore de demi-produits (21%) qui ne sont pratiquement pas produits au Maroc ». (FB)