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Bulletin Quotidien Europe N° 11109
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) biodiversitÉ

La toxicité des néonicotinoïdes pour de nombreuses espèces est prouvée

Bruxelles, 26/06/2014 (Agence Europe) - Les pesticides systémiques à base de néonicotinoïdes et de fipronil (encore appelés 'néonics'), reconnus tueurs d'abeilles, sont également dévastateurs pour de nombreuses espèces d'invertébrés utiles, confirme une nouvelle méta-analyse scientifique internationale, dont les résultats ont été rendus publics à Bruxelles, mardi 24 juin, avant sa publication prochaine.

Selon cette analyse baptisée Worldwide Integrated Assessment (WIA), à paraître dans la revue Environmental Science and Pollution Research, les « néonics » comportent un risque élevé de dommages pour les abeilles mellifères et autres pollinisateurs comme les papillons, ainsi que pour une large variété d'autres invertébrés (comme le ver de terre) et de vertébrés tels que les oiseaux. L'exposition à ces substances peut avoir des effets immédiats et fatals, mais également chroniques. Une exposition de longue durée à de faibles doses (non létales) peut également être néfaste. Parmi les dommages chroniques possibles, figurent la perte d'odorat ou de mémoire, une perte de fécondité, un comportement trophique altéré et une diminution de l'apport alimentaire, y compris un butinage amoindri chez les abeilles, une capacité altérée du ver de terre à creuser des tunnels, des difficultés à voler et une sensibilité accrue aux maladies.

Pour réaliser cette analyse, le groupe de travail sur les pesticides systémiques, qui réunit des scientifiques indépendants et conseille l'IUCN, a procédé à la revue complète de la littérature scientifique disponible (800 publications révisées par des pairs). Il conclut qu'il existe suffisamment de preuves scientifiques évidentes des préjudices pour prendre davantage de précautions, durcir la réglementation sur les néonicotinoïdes et le fipronil, et commencer à planifier leur suppression progressive à l'échelle mondiale. De quoi ravir ceux qui jugent insuffisantes les mesures limitées adoptées par la Commission européenne, à savoir un moratoire partiel de deux ans sur l'utilisation de trois néonicotinoïdes (EUROPE 10909)

« Les conclusions du WIA sont des plus préoccupantes. Nous pouvons à présent clairement voir que les néonics et le fipronil représentent un risque pour les fonctions et services écosystémiques qui va bien au-delà des inquiétudes afférentes à une espèce et qui mérite vraiment d'être porté à l'attention des gouvernements et des instances de réglementation », affirme le président de la Task Force, Dr Maarten Bijleveld van Lexmond. De l'avis du Dr Jean-Marc Bonmatin (CNRS, France), « nous sommes face à une menace qui pèse sur la productivité de notre milieu naturel et agricole, et cette menace équivaut à celle que constituent les organophosphates ou le DDT.»

L'analyse a démontré que les catégories d'espèces les plus touchées étaient les invertébrés terrestres tels que les vers de terre, qui sont exposés à des niveaux élevés via le sol et les plantes, à des niveaux moyens via les eaux de surface et par lixiviation (« leaching ») et à des niveaux faibles via les poussières dans l'air

Le deuxième groupe le plus touché comprend les insectes pollinisateurs (abeilles, papillons, etc.), qui sont exposés à une forte contamination par l'air et les plantes et à des niveaux d'exposition moyens par l'eau. Aussi bien les individus que les populations peuvent être affectés par une exposition faible ou aiguë, les rendant hautement vulnérables. Viennent ensuite les invertébrés aquatiques, comme les gastéropodes d'eau douce et les puces d'eau, sensibles à une exposition faible et aiguë, et les vertébrés tels que les oiseaux, qui sont vulnérables à des niveaux d'exposition moyens et bas via le sol, l'air, l'eau et les plantes. Il s'est avéré que les poissons, les amphibiens et les microbes étaient tous touchés à des niveaux d'exposition élevés ou après une exposition prolongée. Les données scientifiques disponibles sont insuffisantes pour déterminer s'il existe ou non un impact sur les mammifères ou les reptiles, mais pour les reptiles, les chercheurs concluent qu'un impact est probable.

S'agissant des abeilles, l'étude montre que les néonicotinoïdes, dans des concentrations réalistes d'utilisation en champ, nuisent à la navigation individuelle, à l'apprentissage, à la collecte de nourriture, à la longévité, à la résistance aux maladies et à la fécondité des abeilles. Concernant les bourdons, des effets irréfutables au niveau de la colonie ont été constatés, avec des colonies exposées qui grandissent plus lentement et produisent nettement moins de reines.

Les néonics sont aujourd'hui les plus utilisés dans le monde. Ils sont communément utilisés dans les traitements domestiques pour la prévention des puces chez les chats et chiens et la lutte contre les termites dans les structures en bois. (AN)

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