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Bulletin Quotidien Europe N° 11100
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) tunisie

Le défi du « commerce approfondi » avec l'UE

Bruxelles, 13/06/2014 (Agence Europe) - À l'instar du Maroc, la Tunisie, qui s'est vue proposer par l'UE de négocier un accord de libre-échange approfondi (ALECA) couvrant le secteur des services, hésite sur sa capacité à répondre à cette invitation. Le débat est ouvert sur la scène publique. Il exprime le doute sur les orientations conférées à la relation avec l'UE. Un effort d'explication a été déployé par l'UE et sa représentation depuis la visite, en mars dernier, du commissaire Stefan Füle (EUROPE 11039) pour calmer les appréhensions tunisiennes. Celles-ci ont toutefois été renforcées par un appui financier jugé trop faible par Tunis. L'engagement pris par la France et l'Allemagne de réunir une conférence des donateurs prend, certes, corps, mais la détermination des besoins tunisiens n'est pas encore précise. Cela devrait faire l'objet d'entretiens détaillés lors de la visite prochaine du chef du gouvernement tunisien, Mehdi Jomâa, à Bruxelles. On cite la date du 20 juin. Il y sera question également des négociations sur l'Open Sky (transports aériens) et sur un accord sur la mobilité (visas et migrations) et d'autres discussions sur le « commerce approfondi ».

« La tentation est grande pour certains responsables politiques de critiquer ou de remettre en question les accords de libre-échange avec notre principal partenaire commercial, l'Union européenne », écrit Ghazi Ben Ahmed, un expert et connaisseur des rouages de la Commission pour y avoir travaillé.

Dans une tribune publiée en début de semaine dans les médias, il est, selon lui, « naïf et trompeur de prétendre que l'on peut atténuer les effets de la récession en isolant la Tunisie du géant commercial européen ». Le même rejette l'argument, « souvent utilisé, de fermer les frontières aux produits étrangers pour protéger les industries et les emplois domestiques de la concurrence européenne notamment », argument qu'il estime « illusoire et contreproductif ». Des mesures, comme celles récentes, prohibant le marbre italien, ont plus pénalisé le secteur de la construction qu'elles ne l'ont aidé, soutient l'expert. « Si cela peut se justifier dans des cas exceptionnels et dans le cadre de filières précises, pour lesquelles une exposition trop vive à la concurrence internationale pourrait être tout à fait nuisible, un retour général au protectionnisme serait sans nul doute une grave erreur. »

L'intérêt serait donc plus de s'ouvrir au commerce international pour pallier « l'étroitesse du marché national. ». Pour preuve, il affirme qu'en seize ans, « la Tunisie a su tirer le maximum des préférences accordées par l'UE ». « Les consommateurs et les producteurs installés en Tunisie en profitent aussi ». Toutefois, « notre industrie n'a pas su se diversifier et augmenter la valeur ajoutée produite localement. Elle est restée dépendante de la bonne santé économique de quelques pays de la zone euro. »

Il propose une « vision trilatérale »: celle d'une « Tunisie intégrée dans sa région nord-africaine et, vers le nord, avec l'Europe dans un schéma euro-méditerranéen revigoré et offrant à long terme les quatre libertés de circulation des biens, services, capitaux et personnes, et avec des relations privilégiées avec les États-Unis, dont le leadership au sein de la région est vital. »

Il appelle ainsi à « redéfinir » les relations avec les partenaires occidentaux et à solliciter leur aide « pour combler le gap budgétaire, mais aussi pour développer un bloc euro-méditerranéen compétitif, créateur d'emplois et au sein duquel on partage les mêmes valeurs de paix et de démocratie ». Le seul choix serait « d'ancrer notre économie à celle de l'Union européenne ». Et dans le même temps, affirme-t-il, « le salut de l'Europe ne pourra se faire qu'en intégrant l'Afrique du Nord dans le schéma "tout sauf les institutions" énoncé par Romano Prodi en décembre 2002.» (FB)

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