Bruxelles, 13/06/2014 (Agence Europe) - L'amélioration de l'efficacité des institutions grecques vers la moyenne de l'UE et de l'OCDE pourrait réduire l'écart de compétitivité du pays dans une proportion variant de 54% à 78%, a conclu la DG 'Affaires économiques et financières' de la Commission européenne, dans un rapport publié vendredi 13 juin.
Le document précise que les exportations en Grèce sont à la traîne, une tendance exacerbée pendant la crise, alors que le potentiel du pays en la matière pourrait être « énorme ». La Grèce contrôle en effet 16% du transport maritime international, se trouve le long d'un des couloirs maritimes les plus fréquentés (le Canal de Suez et la Méditérannée) et est au carrefour entre trois continents. Le FMI a fait les mêmes remarques dans son rapport de suivi publié le 10 juin: les exportations « ont échoué à devenir un moteur fort pour la croissance ». Les derniers chiffres d'Elstat en ont par ailleurs montré un ralentissement significatif en avril.
Les secteurs les plus affectés sont l'équipement électrique et la machinerie, alors que les transports, le tourisme et l'agriculture se portent plutôt bien. Le rapport précise que cela soulève une question essentielle à laquelle les autorités grecques devraient trouver une réponse: le pays doit-il concentrer ses efforts pour améliorer ses avantages compétitifs ou doit-il s'atteler à développer les secteurs en retard ?
Le rapport indique que l'écart des exportations peut trouver son origine dans les déficits institutionnels de la Grèce. Si des efforts ont déjà été réalisés dans la compétitivité des coûts depuis le début du programme d'ajustement, les réformes structurelles doivent également aborder d'autres facteurs, comme ces déficits institutionnels. De ce point de vue, le document précise que pour l'action politique, il serait utile d'identifier de manière approfondie quelles institutions spécifiques sont essentielles pour la croissance des exportations. Enfin, une question clé est de savoir à quelle vitesse la Grèce peut s'attaquer à ses déficits institutionnels et combien de temps les réformes prendront pour se traduire en changement sur le terrain.
Rétention d'une tranche d'aide d'un milliard. La Grèce a pris du retard dans la mise en oeuvre d'étapes spécifiques (dont l'échéance était fixée à fin mai), préalables au versement d'une sous-tranche d'un milliard d'euros. Les experts nationaux (réunis au sein de l'euro working group) n'ont donc pas pu donner leur feu vert, vendredi, à son décaissement. La question pourrait être discutée au niveau ministériel lors de l'Eurogroupe du 19 juin. Au niveau technique, elle pourrait également être revue plus tard ce mois-ci. Du côté grec, on indique espérer être prêts d'ici fin juin. Le versement d'un milliard pourrait alors être approuvé en juillet, quand une autre tranche d'un millard devrait, en principe, être approuvée. Cela dit, il reste beaucoup de travail, selon une source de l'eurozone, et certaines actions préalables devant être mises en oeuvre en juin pourraient également courir le risque d'être retardées. (EL)