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Bulletin Quotidien Europe N° 11100
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) portugal

Lisbonne renonce à la dernière tranche d'aide

Bruxelles, 13/06/2014 (Agence Europe) - Le gouvernement portugais a décidé, vendredi 13 juin, de renoncer à la dernière tranche d'1,7 milliard d'euros au titre du Mécanisme européen de stabilité financière (MESF) disponible d'ici à fin juin, dans le cadre de son plan de sauvetage financier triennal.

Pour bénéficier de cette tranche, le gouvernement de Pedro Passos Coelho aurait dû présenter des mesures budgétaires évaluées à 600 millions d'euros visant à compenser certaines mesures inscrites dans le budget 2014 et que la Cour constitutionnelle portugaise avait rejetées fin mai (EUROPE 11092).

« Il ne nous est pas possible d'adopter ces mesures avant le 30 juin (...), si bien que nous ne pourrons pas recevoir la dernière tanche », a expliqué Maria Luis Albuquerque, ministre des Finances, à l'issue du conseil des ministres, rapporte l'AFP. Les autorités portugaises veulent aussi attendre que la Cour rende d'autres verdicts en attente avant de prendre une décision sur toute mesure compensatoire.

Prenant note de cette décision, le Comité économique et financier du Conseil de l'UE s'est montré compréhensif. « Nous comprenons que le gouvernement ait besoin de temps pour analyser le verdict de la Cour constitutionnelle et être en mesure de combler l'écart budgétaire qui résulte de ce verdict par le biais de mesures compensatoires qui soient en adéquation avec les objectifs budgétaires agréés », a-t-il indiqué dans un communiqué. Selon lui, la décision des autorités portugaises n'est pas préjudiciable dans la mesure où le trésor portugais a constitué des réserves financières « confortables » pour 2014 et où l'accès du pays aux marchés financiers s'est « amélioré de manière significative ». Mercredi, le Portugal a émis avec succès 975 millions d'euros de titres de dette à 10 ans à un taux d'intérêt inférieur à 3,5%.

La 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) a pris note de « la décision du gouvernement (portugais) de ne pas demander une extension du programme et de permettre l'expiration du programme sans achever la 12ème et dernière mission de suivi et sans recevoir la tranche d'aide associée ». Elle a accueilli favorablement l'engagement du Portugal à respecter ses objectifs budgétaires (4% de déficit public en 2014) et à poursuivre le processus de réformes structurelles.

Fin mai, la Cour constitutionnelle portugaise a rejeté trois des quatre mesures sur lesquelles elle avait été saisie par l'opposition de gauche, dont les baisses de salaires des fonctionnaires supérieurs à 675 euros. Cette décision concernant une mesure d'application depuis début janvier n'est toutefois pas rétroactive. La Cour a également rejeté un dispositif prévoyant un prélèvement de 6% sur les allocations de chômage et de 5% sur les allocations de maladie ainsi qu'une mesure conditionnant le versement de pensions de veuvage. Pour compenser en partie le manque à gagner budgétaire, des coupes provisoires dans les salaires des fonctions gagnant plus de 1 500 euros pourraient être réintroduites.

Le Portugal a achevé mi-mai son plan de sauvetage financier triennal sans demander d'aide supplémentaire du Mécanisme européen de stabilité sous la forme d'une ligne de crédit préventive. (MB)

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