Bruxelles, 02/06/2014 (Agence Europe) - Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, vendredi 30 mai, le décaissement de 3,41 milliards d'euros pour la Grèce.
Dans la foulée, l'institution de Washington a prévenu qu'un ajustement budgétaire additionnel s'avérait nécessaire pour assurer la viabilité de la dette grecque, tout en renforçant la protection sociale. Le dernier rapport de suivi de la Commission européenne montre en effet une légère déviation de la trajectoire de la dette hellénique. Malgré les mesures de l'ordre de 2,7% et de 1,4% du PIB que l'eurozone compte prendre pour réduire le fardeau de cette dette, les objectifs en termes de ratio dette/PIB en 2020 et 2022 ne devraient en effet pas être atteints, certes de peu.
Naoyuki Shinohara, directeur général adjoint du FMI, a noté que l'excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) de la Grèce intervenait « en avance sur le calendrier » prévu. En juste quatre ans, le pays est passé du plus faible au plus fort solde primaire corrigé des variations conjoncturelles de l'eurozone.
« Cependant, de nombreux défis restent à relever » avant que la stabilisation soit jugée complète, a expliqué M. Shinohara, dans un communiqué. Il a mis l'accent sur la lutte contre l'évasion fiscale, le contrôle des dépenses publiques, l'accélération de la réforme administrative et les actions prises pour accélérer les privatisations. Sont également salués le redoublement d'efforts pour libéraliser le marché des produits et des services ainsi que l'engagement des autorités grecques à revitaliser les réformes du marché du travail. Des efforts supplémentaires seront, par ailleurs, nécessaires pour lever les barrières réglementaires à la concurrence. Enfin, du côté du secteur bancaire, le FMI estime qu'aborder le haut niveau de prêts toxiques constitue une priorité. « Il est crucial pour la reprise économique que les banques soient capitalisées ex ante de manière adéquate afin de reconnaître les pertes sur la base d'hypothèses réalistes concernant le recouvrement des créances », a encore dit M. Shinohara.
Nouveau prêt de 10 milliards d'euros ? À noter que le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a réitéré l'hypothèse d'un nouveau prêt à la Grèce d'une valeur inférieure à dix milliards d'euros, dans une interview publiée par Focus lundi 2 juin. (EL)