Bruxelles, 02/06/2014 (Agence Europe) - La mission d'observation électorale de l'UE a qualifié les élections présidentielles des 26, 27 et 28 mai en Égypte de « calmes et pacifiques », mais il y a eu des manquements en termes des droits de l'homme. « Nos 150 observateurs, déployés dans 26 gouvernorats, ont indiqué que les procédures ont été suivies pour la plupart d'une manière pacifique et calme », a expliqué le chef de la mission, le député européen portugais Mario David (PPE), jeudi 29 mai. « Le scrutin, le dépouillement et la compilation des résultats ont été généralement bien menés », a-t-il ajouté. Les violences liées aux élections ont été limitées au cours de la période pré-électorale, a expliqué la mission dans son rapport préliminaire.
Mais si l'élection « a été administrée en conformité avec la loi », cela a été fait « dans un environnement en deçà des principes constitutionnels », selon M. David. Ainsi, « les libertés d'association, de réunion et d'expression (ont été) les sujets de préoccupation », a ajouté le chef de la mission. Selon M. David, « la rédaction de la nouvelle loi sur les élections parlementaires pourrait fournir une occasion adéquate pour répondre à ces préoccupations ».
Le droit de vote et le droit de se présenter aux élections pour tous les citoyens qui ne sont pas pleinement protégés par le cadre juridique actuel ont aussi été un sujet d'inquiétude. M. David a également mis en avant un climat général de liberté d'expression limitée, qui aurait entraîné l'autocensure des journalistes. Il a dénoncé l'emprisonnement de journalistes d'Al-Jazeera et la détention d'autres sans inculpation. Les ressources diverses des deux candidats ont eu un impact sur la capacité des deux campagnes à atteindre les électeurs.
La mission a aussi considéré que la décision de poursuivre le vote pour une troisième journée, ajoutée au dernier moment pour pallier un faible taux de participation, « a causé une incertitude inutile dans le processus électoral ».
L'UE prend bonne note de la conclusion de l'élection
« L'UE prend bonne note de la conclusion de l'élection présidentielle en attendant l'annonce des résultats définitifs du scrutin. Sur la base de la déclaration préliminaire de la Mission d'observation électorale de l'UE, l'UE prend également bonne note de la conduite pacifique et ordonnée des élections et du niveau de participation », a précisé à EUROPE le Service européen pour l'action extérieure.
Le directeur du fonds européen pour la démocratie, Jerzy Pomianowski, a considéré que le faible taux de participation - estimé à 47,3% - était un « signe fort de l'apathie et du manque de confiance des gens ». Il s'est dit « très préoccupé de l'avenir de la démocratie en Égypte ».
Le maréchal Abdel Fattah al-Sisi a remporté les élections face à l'opposant de gauche, Hamdine Sabahi, avec 93,3% des voix contre 3%, selon les résultats préliminaires. S'il a reconnu sa défaite, M. Sabahi a dénoncé ces chiffres, estimant qu'ils constituaient « une insulte à l'intelligence des Égyptiens ». Il a aussi déposé une plainte auprès de la commission électorale pour dénoncer des « irrégularités » et une campagne « menée par les partisans de Sisi jusque dans les bureaux de vote » et demandé l'annulation des suffrages de la journée supplémentaire de vote. (CG)