Bruxelles, 02/06/2014 (Agence Europe) - 18 organisations palestiniennes et israéliennes ont appelé, dimanche 1er juin, la Haute représentante, Catherine Ashton, à intervenir de manière urgente pour protester contre le maintien en détention administrative de 125 détenus et prisonniers palestiniens, dont 90 effectuent une grève de la faim depuis le 24 avril.
« Nous, le ministère palestinien des Détenus et Ex-détenus et les organisations (…) des droits de l'homme, tenons à attirer votre attention sur l'actuelle grève de la faim de masse impliquant environ 125 détenus et prisonniers palestiniens et demandons votre intervention urgente en leur nom », ont souligné ces organisations dans une lettre adressée à Mme Ashton datée du 1er juin. « La majorité des grévistes de la faim protestent contre le maintien en détention administrative, qui est la détention sans procès ou sans charge », ont-elles expliqué, rappelant que ces détentions d'une durée de six mois peuvent être renouvelées indéfiniment.
« À compter du 1er juin, la majorité des grévistes de la faim sont sans nourriture depuis 38 jours. Nous avons atteint un stade critique et à moins d'une intervention immédiate, il y aura des conséquences désastreuses pour la santé de ceux qui sont en grève de la faim », ont expliqué les organisations. Ainsi, elles ont demandé à la Haute représentante d'exprimer « immédiatement » son inquiétude sur le sort de ces détenus et l'utilisation systématique de la détention administrative par Israël. « Nous croyons fermement que l'utilisation, par Israël, de la détention administrative doit cesser immédiatement », ont ajouté les ONG.
Selon elles, Mme Ashton doit aussi informer les autorités israéliennes que les grèves de la faim sont « une forme légitime de protestation qui ne devraient pas faire l'objet de mesures punitives ». En représailles à la grève de la faim, Israël a pris des mesures punitives à l'encontre des grévistes: isolement, transfert dans d'autres prisons, interdiction de recevoir des visites.
Enfin, les organisations voudraient que la chef de la diplomatie européenne fasse pression sur l'État hébreu pour qu'il honore son accord du 14 mai 2012 - accord obtenu à la suite d'une grève de la faim - en améliorant les conditions de détention, en arrêtant d'utiliser l'isolement comme une arme politique, en réintroduisant l'accès à l'éducation à tous les détenus ainsi que les visites bi-hebdomadaires pour les prisonniers de Gaza et en mettant fin à l'utilisation de la détention administrative. (CG)