Bruxelles, 02/06/2014 (Agence Europe) - Utilisé comme moyen de chantage, soutenu par les uns, désavoué par d'autres, le candidat du PPE à la présidence de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a encore fait l'objet, ce week-end, de nombreux articles de presse et nouvelles controverses quant à sa course pour la tête de la Commission européenne. Le magazine allemand Der Spiegel a ainsi rapporté que le Premier ministre britannique, David Cameron, notoirement opposé à M. Juncker, comme à MM. Schulz ou Verhofstadt, aurait menacé ses partenaires, mardi 27 mai à Bruxelles, d'organiser un référendum plus tôt dans son pays, si M. Juncker devait être désigné, référendum qui aboutirait fatalement, selon lui, à une sortie de son pays de l'UE. Selon l'agence Reuters, David Cameron aurait en effet bel et bien déclaré que M. Juncker n'était pas la bonne personne pour incarner un renouveau et que les Britanniques voteraient sûrement en faveur du retrait de l'UE avec un tel profil à la tête de la Commission, sans toutefois évoquer expressément un changement de calendrier pour le référendum, prévu à ce jour en 2017.
Selon le Bild allemand, lors de cette réunion des chefs d'État et de gouvernement, le président français, François Hollande, aurait lui aussi mis sur la table le nom de son ancien ministre des Finances, Pierre Moscovici, pour remplacer José Manuel Barroso … Vendredi 30 mai, la presse française évoquait aussi le nom de Michel Barnier, rival malheureux de M. Juncker, le 7 mars à Dublin.
Autre nom qui revient régulièrement dans la liste des prétendants à la succession de M. Barroso, celui du Premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, qui s'est dit prêt pour un 'top job' européen dès le mois de juillet et a prévu en ce sens de démissionner de son poste de Premier ministre.
Signe de la cacophonie actuelle, des leaders des verts européens et de la Gauche radicale sont même venus défendre le candidat luxembourgeois ces derniers jours, à l'image d'Alexis Tsipras, appelant les Vingt-Huit à respecter le vote du Parlement européen et le résultat des primaires du PPE.
Comme s'il s'agissait de siffler la fin de la récréation, le porte-parole d'Angela Merkel a dû en tout cas rappeler à nouveau lundi matin, lors d'un point presse, rapporte Reuters, que la chancelière menait actuellement toutes les négociations dans l'esprit que Jean-Claude Juncker serait le prochain président de la Commission et encourageait « activement ses partenaires » à appuyer cette démarche, a dit son porte-parole. (SP)