Bruxelles, 09/05/2014 (Agence Europe) - L'UE et l'Algérie réuniront le 13 mai à Bruxelles le Conseil d'association. La session suit d'un peu moins d'un mois les élections présidentielles algériennes du 17 avril qui ont abouti à la reconduction du président Abdelaziz Bouteflika. Les résultats, qui n'ont entraîné aucune observation de la part de l'UE, sont, bien plus, marqués par la confirmation à son poste du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, maître d'oeuvre d'une politique d'ouverture économique qui n'est pas encore bien acceptée dans le pays.
L'UE, malgré un avis différent sur la situation politique dans le pays, partage avec Alger le même souci de veiller à la stabilité et à la poursuite des réformes politiques et économiques. La position de ce pays en tant que fournisseur d'hydrocarbures et acteur clé de la sécurité dans la région incitent à la prudence de ton. Le souci est de permettre au gouvernement de Sellal de confirmer son engagement à réformer le pays et à en moderniser l'économie.
Le défi est immense pour sortir le pays de l'économie de rente qui le caractérise et de l'étouffante bureaucratie qui en découle. Les recettes en devises du pays - dont le commerce repose à 97% sur les ventes d'hydrocarbures - sont de 800 milliards de dollars, accumulés pendant la période 1999-2013 (194 milliards de dollars pour la seule année 2013), selon la Banque mondiale. Le secteur des hydrocarbures n'emploie toutefois que 3% de la population active. Le défi de l'emploi surtout des jeunes, prédominants, est central et donne à la coopération avec l'UE une orientation indiscutable.
La session donnera l'occasion d'un passage en revue des différents chapitres de la coopération déjà engagée au titre de l'accord d'association et de ceux encore en discussion tels que le commerce et, en corollaire, la question du double prix de l'énergie et des restrictions à l'activité des entreprises étrangères désirant s'implanter en Algérie. En retour, Alger compte sur un appui européen plus net à son adhésion à l'OMC. Dans l'ensemble, les échanges entre les deux délégations seront quasi-routiniers et devraient surtout permettre de relancer un agenda rendu incertain dans le contexte électoral. L'objectif général, de source algérienne, est de « densifier la relation ». Les discussions comporteront aussi un volet de politique internationale, en particulier des échanges sur la situation en Méditerranée Occidentale, au Sahel-Sahara avec, aussi, un examen commun de la situation au Moyen-Orient et en Syrie. L'Algérie est aussi très attentive à l'évolution dans les deux pays voisins à ses frontières est et sud. Elle s'emploie à contribuer au retour de la stabilité en Tunisie notamment par un appui militaire aux frontières et une aide, récemment annoncée, de 500 millions de dollars. (FB)