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Bulletin Quotidien Europe N° 11022
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Corrélation dette et croissance, le FMI se joint au débat

Bruxelles, 19/02/2014 (Agence Europe) - Il n'existe pas de seuil symbolique au-dessus duquel la dette publique d'un pays mine ses perspectives de croissance à moyen terme. Tel est le constat de trois économistes du Fonds monétaire international, Andrea Pescatori, Damiano Sandri et John Simon, dans une étude intitulée « Dette et croissance: y a-t-il un seuil magique ? ».

L'étude, qui n'engage pas l'institution de Washington, se veut une contribution au débat qui anime la sphère politique et économique. Une étude de 2010 menée par deux économistes, Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, avait établi qu'une dette publique supérieure à 90% du PIB d'un pays avait pour effet de freiner sa croissance. La Commission s'était à plusieurs reprises appuyée sur cette étude. Celle-ci avait alors été remise en question par trois chercheurs qui avaient détecté des erreurs de calculs dans la méthode utilisée alors.

Les économistes du FMI ont également conclu que « la trajectoire de la dette est tout aussi importante et peut-être même plus importante que le niveau de la dette » pour comprendre les perspectives de croissance. Ils précisent que des pays affichant un niveau de dette élevé mais en déclin avaient historiquement connu la même vitesse de croissance que les autres. Cela dit, ils ont également constaté que de hauts niveaux de dette pouvaient toujours être associés à des pressions de marchés ou des actions politiques budgétaires et monétaires qui, « mêmes si elles n'ont pas particulièrement de larges effets négatifs sur la croissance à moyen terme, la déstabilisent » tout de même. Début février, dans un discours devant le Comité des régions, le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, avait également souligné que, durant la dernière décennie, certains États avaient accumulé de hauts niveaux de dettes publique et privée « qui les ont rendus incapables d'emprunter sur les marchés ».

Les trois économistes du FMI préviennent en outre que leur méthodologie est toujours sujette à des préoccupations potentielles d'endogénéité et mettent en garde contre la tentation d'en tirer des implications politiques. (EL)

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