Bruxelles, 19/02/2014 (Agence Europe) - Si « l'Europe est sortie de la récession », elle n'est pas pour autant sortie de la crise, mais le Groupe BEI (Banque européenne d'investissement et Fonds européen d'investissement - FEI) « a mis en place les principaux instruments pour y faire face » dans les limites du rôle qui lui est imparti, a déclaré en substance son président, Werner Hoyer, le 19 février, à l'occasion de la conférence annuelle de l'institution consacrée à la présentation de ses résultats en 2013. Ainsi, le groupe a apporté un soutien accru à l'économie, avec des financements de près de 75,1 milliards d'euros (une hausse de 37% par rapport à 2012). Au sein de l'UE, son concours a atteint 67,1 milliards d'euros (soit une progression de 42% par rapport à l'année précédente).
L'essentiel de cette manne est allé au soutien aux PME et aux entreprises de taille intermédiaire, avec 18,5 milliards d'euros de prêts de la BEI et 3,4 milliards du FEI. Ce concours a permis au groupe de mobiliser, aux côtés de partenaires privés, plus de 50 milliards d'euros. Au total, 230 000 entreprises employant un total de 2,8 millions de personnes ont bénéficié d'une aide directe ou indirecte du groupe. M. Hoyer a, par ailleurs, souligné l'effort particulier fait par la Banque en faveur des pays périphériques de la zone euro (Irlande, Portugal, Grèce, Chypre). Ainsi la Grèce s'est vu octroyer 1,465 milliard de prêts par la BEI et 57 millions par le FEI.
Le Groupe BEI a, en outre, clairement mis l'accent sur la recherche et l'innovation puisqu'il a fourni une aide financière de 17,2 milliards d'euros pour renforcer la compétitivité de l'économie européenne. Afin de développer le rôle du FEI, le Conseil d'administration de la BEI a décidé, en décembre 2013, d'en renforcer les moyens en augmentant son capital et en lui confiant un mandat élargi. Et M. Hoyer de faire valoir l'importance du FEI pour apporter une réponse aux lacunes du marché: « Pour ce faire, il propose des produits divers (apport de fonds propres, garanties et prêts) qui permettent aux entreprises de surmonter les obstacles actuels à l'accès aux financements », a expliqué le président de la BEI.
En 2013, la BEI est également restée très engagée dans les autres domaines d'action prioritaires de l'Union. À l'échelle mondiale, elle a signé des prêts d'un montant de 19 milliards d'euros dans le domaine de l'action en faveur du climat et de 15,9 milliards d'euros dans le secteur des infrastructures stratégiques. En outre, la Banque a mis en oeuvre de nouveaux instruments « sur mesure » tels que le Mécanisme de financement du commerce extérieur, le Fonds de garantie à l'appui des PME et les obligations de projet.
La BEI a par ailleurs lancé, en juillet 2013, le programme « Compétences et emplois - Investir pour la jeunesse » en accordant des prêts à hauteur de 9,1 milliards d'euros pour apporter une réponse au chômage des jeunes. « Une grande réussite », selon Werner Hoyer, dans la mesure où , initialement, l'enveloppe consacrée au programme se montait à 6 milliards d'euros.
Malgré la crise, la BEI a continué à jouer son rôle sur le plan international en affectant 7,7 milliards d'euros à l'appui de projets à l'extérieur de l'UE, a aussi fait valoir le président de l'institution. Dans le cadre de son activité de collecte de ressources, elle a placé près de la moitié de ses emprunts obligataires auprès d'investisseurs hors UE. En 2013, la Banque a réalisé l'un des plus gros programmes de levée de fonds de son histoire (72 milliards d'euros) et se maintient ainsi, sous l'angle de la collecte de ressources, loin devant les autres institutions de financement supranationales.
La BEI présente une assise financière solide. En témoigne l'amélioration de son ratio d'adéquation des fonds propres, qui est passé de 23,1% à 28,7% en 2013 après une augmentation de capital décidée par les actionnaires de la Banque, les 28 États membres de l'UE, en 2012. Une augmentation de capital qui autorise à la Banque « davantage de prise de risque », a fait valoir M. Hoyer. La qualité de ses actifs reste solide, puisque les prêts dépréciés ne représentent que 0,2% environ de son portefeuille et que ses liquidités, à 66 milliards d'euros, sont maintenues à des niveaux prudents. À la fin 2013, la BEI affichait un actif total de 512 milliards d'euros et ses fonds propres avaient augmenté pour atteindre près de 58 milliards d'euros.
Reste, selon M. Hoyer, que l'UE reste confrontée à trois défis: la baisse de l'investissement, le chômage et la baisse de la productivité. À l'avenir, le groupe BEI poursuivra donc son action pour soutenir la croissance et l'emploi en Europe, en ne cessant d'affûter les outils dont elle dispose. Déplorant que l'investissement demeure inférieur aux niveaux d'avant la crise presque partout en Europe, le président de la BEI a fait remarquer que « nous perdons du terrain car des pays hors UE améliorent leur compétitivité en investissant beaucoup plus que l'UE et la plupart de ses États membres dans les technologies et dans l'innovation ». « Nous devons investir davantage. Nous devons en particulier investir beaucoup plus dans la recherche, le développement et l'innovation ainsi que dans les infrastructures du 21ème siècle pour accroître notre compétitivité. Aujourd'hui, nous sommes encore en position de force pour le faire. Mais si nous ne faisons pas les efforts nécessaires, nous irons au-devant de grandes difficultés au vu de la forte concurrence qui règne à l'échelle mondiale », a-t-il averti. (OL)