Bruxelles, 07/02/2014 (Agence Europe) - En dépit des efforts consentis par l'Union européenne pour lutter contre le trafic des espèces sauvages menacées d'extinction, l'augmentation spectaculaire du braconnage et du commerce illégal de ces espèces au niveau mondial incite la Commission européenne à penser que l'heure est venue de passer à la vitesse supérieure pour endiguer ce fléau. Cela d'autant que l'UE est un grand marché de destination et un point de passage important pour les produits illicites issus de ce trafic - activité fort lucrative du crime organisé, rarement poursuivie.
D'où la consultation publique lancée jeudi 7 février par la Commission pour recueillir, d'ici au 10 avril, le maximum de points de vue sur les moyens les plus adéquats d'intensifier la lutte à l'échelle de l'UE. Sa communication adoptée par procédure écrite sur une approche européenne de la lutte contre le trafic des espèces sauvages invite les citoyens à répondre aux questions suivantes: le cadre législatif actuel est-il adéquat ? L'UE doit-elle renforcer son approche par l'élaboration d'un plan d'action comme le demande le Parlement européen ? Comment l'UE pourrait-elle accroître son engagement politique pour lutter contre ce fléau et avec quels instruments diplomatiques pour assurer la cohérence des initiatives internationales ? Sur quels instruments internationaux l'UE devrait-elle se concentrer pour renforcer l'application des lois et la gouvernance ? Quels sont les instruments les plus idoines pour réduire la demande internationale et européenne en produits illégaux liés au trafic des espèces sauvages et quel rôle la société civile et le secteur privé peuvent-ils jouer ? Comment l'UE peut-elle contribuer à cette lutte, en améliorant ses connaissances et les données à sa disposition ? Quelles sont les possibilités de renforcer les sanctions et quelle contribution Europol et Eurojust pourraient-ils apporter ?
« La biodiversité paie un lourd tribut au trafic d'espèces sauvages, et nous devons trouver des moyens d'action plus efficaces », souligne Janez Potocnik, commissaire à l'Environnement. Le nombre d'éléphants africains abattus illégalement a doublé au cours de la dernière décennie, 22 000 d'entre eux ayant été abattus par des braconniers en 2012. Quant au braconnage de rhinocéros, il a explosé en Afrique du Sud, la corne de rhinocéros se négociant aujourd'hui au prix de 40 000 euros/kilo. Le braconnage est également responsable de la mort de 78% des tigres de Sumatra dont les os se négocient au prix de 900 euros/kg.
Les résultats de cette consultation et d'une conférence qui sera organisée le 10 avril prochain seront pris en considération par la Commission dans le réexamen des politiques et actions de l'UE en la matière.
La consultation est accessible en ligne: http://ec.europa.eu/environment/consultations_en.htm #open. (AN)