Bruxelles, 07/02/2014 (Agence Europe) - La tension sera grande, mardi 11 février au Conseil Affaires générales de l'UE, avec le débat ministériel et le vote prévu sur la proposition très controversée de la Commission européenne visant à autoriser dans l'UE le non moins controversé maïs transgénique TC 1507 de Pionner Dupont (EUROPE 11012). Ce sera l'heure de vérité, car les ministres se prononceront, à la majorité qualifiée, pour approuver ou rejeter cette proposition, à la veille de la date butoir fixée pour que le Conseil prenne une décision. Faute de quoi, la Commission autorisera elle-même la culture de ce maïs résistant à certains insectes.
Or il est quasiment certain que les délégations ne réuniront pas la majorité qualifiée requise (260 voix sur 352), même si le camp des adversaires s'est élargi depuis le vote du comité réglementaire en 2009 (Autriche, Chypre, Danemark, France, Hongrie, Irlande, Italie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pologne, Slovénie, Croatie, Bulgarie, Slovaquie). Les indications de vote l'ont montré au Coreper le 5 février et la présidence grecque ne se fait guère d'illusions.
« Au COREPER, il n'y avait de majorité qualifiée ni pour ni contre. Je ne pense pas qu'il y aura un changement des positions de qui que ce soit. Plusieurs États membres ont demandé une discussion, la présidence devait répondre à cette demande. Nous nous concentrerons sur le maïs TC 1507, mais je ne doute pas que certains États membres élargiront le débat», affirmait vendredi une source proche du dossier. La position officielle de l'Allemagne qui n'est pas encore connue, mais qui pourrait être une abstention, ne changera pas la donne.
La France, particulièrement virulente contre ce maïs, en l'absence de plan de surveillance de ses effets sur les papillons diurnes et nocturnes, et qui veut une remise à plat de la procédure d'autorisation des OGM dans l'UE, ne manquera pas de s'exprimer. Vendredi, la présidence n'avait pas encore décidé si le débat plus général sur les OGM demandé par plusieurs délégations (Danemark, Royaume-Uni, Luxembourg notamment) serait inscrit à l'ordre du jour du Conseil Environnement du 3 mars ou d'une autre formation du Conseil. (AN)