Bruxelles, 07/02/2014 (Agence Europe) - Le Conseil 'Affaires étrangères' octroiera officiellement, lundi 10 février, un mandat à la Commission européenne afin qu'elle négocie un accord stimulant le dialogue politique et la coopération économique avec Cuba.
Cette démarche ne constitue « pas un changement de direction dans nos relations », mais vise à « créer un cadre plus fort » pour poursuivre nos relations avec Cuba, a déclaré un fonctionnaire européen de haut rang, jeudi 6 février. L'objectif est également de « soutenir » et d'« accompagner le changement » en cours sur l'île caribéenne, notamment en matière de « respect des libertés fondamentales », a-t-il ajouté, sans souhaiter évoquer de calendrier pour la tenue des négociations. « Nous ne sommes pas pressés mais ces négociations ne s'annoncent pas compliquées », a-t-il ajouté, estimant que le rythme des discussions dépendra aussi des « évolutions » sur le terrain.
D'ici à la fin des négociations, la position officielle de l'UE vis-à-vis de Cuba, basée sur la 'Position commune' de décembre 1996 qui subordonne une pleine coopération avec le pays à l'amélioration de la situation en matière de droits de l'homme et de libertés politiques, restera en place. Pour le moment, la position commune « est toujours là » et ne pourra être abrogée qu'à l'« unanimité », a indiqué ce diplomate. Une manière de rassurer les pays d'Europe centrale réticents à l'idée d'une évolution des relations UE/Cuba. Le mandat de la Commission reflétera « amplement les inquiétudes de certains pays », a ajouté ce fonctionnaire. Pour autant, l'UE n'introduira pas dans ses lignes directrices de négociation de « nouveau mécanisme » ni de « jalons » qui permettraient de suivre en détail l'évolution du respect des droits fondamentaux sur l'île, la délégation de la Commission à la Havane effectuant déjà un tel suivi. « On n'achète pas des réformes démocratiques », a souligné le haut fonctionnaire, refusant d'identifier les réformes auxquelles l'UE aspirerait.
La coopération entre l'UE et Cuba a repris en octobre 2008. Depuis, la Commission européenne a engagé près de 60 millions d'euros pour des projets liés à la reconstruction d'infrastructures après le passage d'ouragans, à la sécurité alimentaire, au changement climatique, à la culture et à l'éducation. Avec un accord-cadre de première génération, cette coopération sera formalisée, pérennisée et permettra aussi d'accroître le nombre d'interlocuteurs officiels de l'UE, pas forcément affiliés du régime castriste. (MB)