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Bulletin Quotidien Europe N° 11010
Sommaire Publication complète Par article 41 / 41
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 1034

*** JEAN-FRANCOIS AKINDJI-KOMBE (sous la dir. de): L'homme dans la société internationale. Mélanges en hommage au Professeur Paul Tavernier. Éditions Bruylant (39 rue des Minimes, B-1000 Bruxelles. Tél.: (32-2) 5480713 - fax: 5480714 - Courriel: commande@larciergroup.com - Internet: http://www.bruylant.be ). 2013, 1.624 p., 195 €. ISBN 978-2-8027-3905-3.

Plus de quatre-vingt auteurs ont associé leurs hommages, rendus à Paul Tavernier, professeur de droit et spécialiste, en particulier, des droits de l'Homme et du droit humanitaire, sur plus d'un millier et demi de pages dont la confection a été coordonnée par Jean-François Akindji-Kombé, professeur à l'École de droit de la Sorbonne. « L'Humanisme et le dévouement sont sans doute les caractères essentiels de l'oeuvre juridique » du Pr. Tavernier, écrit-il en préface de cet ouvrage collectif né de leur décision de s'inscrire « dans le sillage de cet humanisme ». Des noms reconnus d'Universités d'Europe et du monde enrichissent la table des matières de l'épais ouvrage qui évoque l'apport du Pr. Tavernier au Droit lié à l'Humain, thème qu'il n'a cessé d'explorer à travers études, mémoires, articles et autres publications dont la liste est présentée en annexe. Le livre offre également une source de références « exceptionnellement riche », selon son coordinateur général, plus de la moitié d'entre elles touchant à l'Europe et à ses pratiques de ces droits relativement récents. Les différents intervenants dans ce « mélange » ajoutent à la richesse du « bouquet de perspectives, de thèmes et de réflexions » pour assoir davantage la « doctrine juridique » du droit lié à l'Humain. En avant-propos, le Pr. Akindji-Kombé témoigne que « ceux qui ont eu de la chance de côtoyer le Professeur Paul Tavernier et de travailler avec lui savent combien l'Humain et la société internationale sont au coeur de sa réflexion juridique, autant qu'une activité inlassable, exigeante et généreuse de formation, d'information et d'animation de la recherche et d'études ».

Dans ses études sur l'Union européenne et la lente construction en son sein de ces droits particuliers, le Pr. Paul Tavernier a consacré des écrits au « système de droit juridique des droits de l'Homme » dans l'Union et dans ses États membres, ainsi qu'aux conventions spécifiques actuellement appliquées. La notion de souveraineté dans l'Union et l'Otan en lien avec ces droits y est aussi abordée, des réponses étant encore apportées à la question « Quelle Europe pour les Droits de l'Homme ? » Les Nations-Unies lui ont offert un autre champ d'études autant que les aspects liés à la sécurité, au désarmement et aux conflits connexes entre la Chine et l'Inde, au Proche-Orient ou l'Iran, l'Irak et le Koweït, avec les États-Unis plus directement, l'Éthiopie et l'Érythrée ou, enfin, au droit de la mer. Dans le corps du livre, plusieurs thèmes invitent à une définition mieux cernée de ce droit délimité par la souveraineté des États ou par les pratiques d'une communauté internationale dont on se demande, selon le Pr. Jean Charpentier, si elle est « mythe ou réalité ». Les obligations auxquelles s'astreignent ou sont astreints les États, sous couvert du Conseil de sécurité des Nations unies ou des différentes instances juridictionnelles internationales, la pratique de la « Raison d'État », l'immunité juridictionnelle des États qui l'invoquent, forment autant de voies ouvertes à la réflexion comme celle de savoir si, en la matière, il ne serait pas plus judicieux de « prévenir que guérir ». À noter enfin que la Cour européenne des droits de l'Homme est au centre de ces études.

De cet ouvrage sans conclusion, on retiendra la difficulté de définir ces droits liés à l'Humain qui figurent pourtant en préambule de plusieurs Conventions internationales, en premier lieu la Charte fondatrice de l'Organisation des Nations unies. « Personne ne songe à nier leur existence », relève le Pr. Madjid Bencheikh, et les États ne cessent de « confirmer leur adhésion », mais la pratique n'en laisse pas moins apparaitre des divergences fortes en ce qui concerne la signification et la portée de ces règles. Fathi B'Chir

*** IAN ROBERGE (sous la dir. de): Europe et sécurité après le Traité de Lisbonne. Éditions Bruylant (voir coordonnées supra). Collection « Études Stratégiques Internationales ». 2013, 151 p., 30 €. ISBN 978-8027-4061-2.

Quelle politique de sécurité pour une Europe qui entre de plein pied dans le XXIème siècle ? La question est posée alors que l'Union européenne est à la croisée des chemins et livrée à une mutation institutionnelle, soutient un collectif d'auteurs dans cet ouvrage coordonné par le Pr. Ian Roberge, de l'Université York de Toronto. L'ambition de tous ces contributeurs est de « poser un regard novateur et critique sur les enjeux de sécurité », un regard qui a aussi la singularité d'être externe, partiellement canadien sous l'égide de l'Association France-Canada d'Études stratégiques. Quelle politique déployer face aux menaces de sécurité ? Le lien entre l'Europe et la sécurité ne serait pas facile à définir, affirme un des contributeurs. Il en résulte une « hétérogénéité » de la menace à laquelle est proposée une « diversité des réponses », notamment à travers l'évolution institutionnelle que vit l'Union européenne, au titre notamment du Traité de Lisbonne. Mais préviennent les auteurs, « l'Europe n'est pas l'UE et cette dernière n'est pas non plus l'Europe ». L'enjeu serait donc plus large.

L'Union européenne demeure cependant le lieu focal, avec son expérience unique d'intégration et, en même temps, une somme de « paradoxes ». Économique dans son ambition initiale, elle tend à devenir une Union politique. Vouée à une intégration de plus en plus poussée, elle souffre des effets de cette mise en commun, tant il est vrai que « l'Euro est aussi d'une certaine façon l'une des causes principales des multiples maux actuels du continent ». La monnaie commune a donné assez d'assurance à des pays, tels la Grèce, pour qu'ils prétendent vivre au-dessus de leurs moyens et abuser du crédit facile. Troisième paradoxe, la gouvernance, laquelle affecte directement sa réaction aux défis sécuritaires: institutionnellement unie mais diverse dans la hiérarchie de ses décisions, elle reste soumise à une forme d'asymétrie. Ce serait son quatrième paradoxe: l'Allemagne et la France et l'Eurogroupe seraient des exemples de cette distorsion. Dans l'ensemble, les gouvernements ne cèdent que difficilement leurs compétences à la communauté de destin et paraissent « se contenter d'une Europe plus faible ». Le Traité de Lisbonne n'a que « très partiellement changé la donne », peut-on lire et « la panoplie d'institutions qui existent en ce moment ne peut remplacer une volonté politique claire, exprimée haut et fort ». L'ouvrage se livre ensuite au passage en revue des diverses menaces sécuritaires: les Balkans, la Russie, le rapport entre la démographie et la sécurité, le rôle au sein de l'Organisation des Nations unies, etc. Ce qui saute aux yeux est l'absence de deux défis majeurs actuels en Méditerranée, à savoir le « printemps arabe » et le Processus de paix, la région n'étant abordée que dans une analyse documentée limitée à la seule nébuleuse AQMI (Al-Qaida au Maghreb islamique) sans lien avec les bouleversements politiques globaux dans cette zone. (FBc)

*** GIOVANNI FINIZIO, ERNESTO GALLO: Democracy at the United Nations. UN Reform in the Age of Globalisation. Presses Interuniversitaires Européennes / Peter Lang (1 av. Maurice, B-1050 Bruxelles. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection « Federalism », n° 1. 2013, 359 p., 44,40 €. ISBN 978-90-5201-894-2.

Dirigé par le Pr. Giovanni Finizio, qui enseigne la politique étrangère de l'Union européenne à l'Université de Turin, et par Ernesto Gallo, titulaire d'un doctorat en sciences politiques de la même Université, ce livre voit quatorze spécialistes envisager les réformes et changements que requièrent les Nations unies et les relations de l'Onu avec la politique mondiale. Ils examinent d'abord la possibilité que se crée une assemblée démocratique dans laquelle les citoyens du monde seraient représentés afin d'adapter la démocratie aux défis que pose la mondialisation. Deuxièmement, le renforcement du Conseil de sécurité par sa démocratisation et par sa régionalisation est étudié, les auteurs se demandant notamment quel doit être le rôle des Nations unies dans un monde globalisé. En clair, comment l'Organisation des Nations unies pourrait-elle soutenir et incarner la démocratie internationale ? Seule Organisation disposant de grands objectifs politiques et d'une juridiction dans le monde entier, l'Onu a le potentiel, selon les auteurs, pour gérer la mondialisation démocratique et pour promouvoir le bien commun de l'humanité. Cependant, elle est toujours contrôlée par les États-nations et fonctionne selon les rapports de force typiques de l'ère pré-mondialisation, raison pour laquelle sa réforme est cruciale et plus urgente que jamais. (AKa)

*** Politica Exterior. Éditions Estudios de Politica Exterior (49 Nuñez de Balboa, E-28001 Madrid. Tél.: (34-91) 4312628 - fax: 5777252 - Courriel: revista@politicaexterior.com - Internet: http://www.politicaexterior.com ). Novembre/décembre 2013, n° 156 p., 13 €.

Ce numéro comporte notamment un dossier consacré à la défense du XXIème siècle, en ces temps où la fatigue de combattre est patente dans les pays développés. (MT)

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