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Bulletin Quotidien Europe N° 11010
Sommaire Publication complète Par article 39 / 41
AFFAIRES & ENTREPRISES N° 91 / (ae) emploi

Le taux de chômage mondial reste à un niveau préoccupant. L'économie mondiale a connu une reprise modeste en 2013 mais celle-ci n'a pas entraîné d'amélioration sur un marché du travail déjà déprimé, indique l'Organisation mondiale du travail (OIT) dans son dernier rapport. Selon les « Tendances mondiales de l'emploi 2014 », la croissance de l'emploi reste faible dans le monde, le chômage continue d'augmenter et un grand nombre de travailleurs potentiels, découragés, restent en dehors du marché du travail. Et les perspectives pour 2014 ne sont pas plus optimistes. Selon les statistiques de l'OIT, le taux de chômage mondial a touché 6% de la population active en 2013, un taux quasi inchangé par rapport à l'année précédente, voire légèrement supérieur. Cela correspond à environ 202 millions de chômeurs, soit 5 millions de plus par rapport à 2012. Chez les jeunes, la situation s'est encore détériorée dans presque toutes les régions et le taux de chômage des jeunes a atteint désormais plus de 13%. La création d'emplois est tout simplement trop faible pour réduire le chômage de manière significative. Par conséquent, les demandeurs d'emploi restent au chômage sur des périodes de plus en plus longues, constate le rapport. L'essentiel de la dégradation (45%) est dû aux pays de l'Asie de l'Est et Sud. L'Amérique latine limite les dégâts avec 50 000 chômeurs supplémentaires. Les prévisions pour 2014 ne sont pas plus réjouissantes, avec un taux de chômage global qui va encore augmenter à 6,1% de la population active, soit 4,2 millions de chômeurs supplémentaires. L'OIT prévoit d'ici à 2018 la création de 40 millions d'emplois, ce qui sera loin d'être suffisant pour intégrer les 42,6 millions de chômeurs supplémentaires et donc table sur un nombre record de sans-emploi de l'ordre de 215 millions de personnes d'ici là. L'OIT soulève par ailleurs d'autres caractéristiques alarmantes, notamment l'allongement de la durée moyenne du chômage. Par exemple neuf mois pour la Grèce et huit mois pour l'Espagne. Aux États-Unis, le chômage de longue durée affecte 40% des chercheurs d'emploi. Une évolution problématique étant donné que le chômage de longue durée conduit à une perte de qualifications, ce qui amoindrit les chances pour les chercheurs d'emplois de réintégrer le marché du travail. Un autre constat alarmant concerne la qualité des emplois créés. L'emploi salarié n'a augmenté que de 28,1 millions de postes en 2013, un chiffre loin des 35 millions observés en 2011 et 2012. L'Europe centrale et orientale, l'Asie du Sud et de l'Est sont les deux grandes zones géographiques les plus affectées par ce phénomène. Parallèlement, les emplois dits « vulnérables » (travailleurs indépendants et travailleurs familiaux, qui ont un accès limité à une protection sociale) ont fortement progressé. L'emploi « vulnérable » s'est accru de 13,4 millions de postes en 2013 contre +5,3 millions en 2012 et 3,3 millions en 2011. Par contre, le nombre de personnes actives pauvres continue son repli: en 2013, 375 millions de personnes vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour contre environ 600 millions au début des années 2000. Une baisse de 12% par an en moyenne alors qu'un ralentissement de ce chiffre a été observé pour 2013 (-2,7%). En conclusion, l'OIT déplore de la part des États un manque de politiques actives de l'emploi. Les pays de l'OCDE n'ont consacré en 2011 que 0,6% de leur PIB à de telles politiques. (IL)

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