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Bulletin Quotidien Europe N° 11010
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

L'UE prépare un plan d'aide financière, selon Mme Ashton

Strasbourg, 03/02/2014 (Agence Europe) - L'Union européenne prépare avec les États-Unis un important programme d'assistance financière pour l'Ukraine, a annoncé, dans une interview publiée le 3 février dans le Wall Street Journal, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton. Ils « développent un plan - un Plan ukrainien, comme j'ai suggéré qu'ils l'appellent - qui examine ce que nous devons faire dès maintenant dans différents secteurs de l'économie pour améliorer les choses », a-t-elle expliqué. Si, sans donner de montant précis, Mme Ashton a indiqué que « les chiffres ne seront pas modestes ». « L'aide ne sera pas seulement constituée d'argent », a-t-elle précisé, citant entre autres la possibilité d'offrir des garanties financières, des aides à l'investissement et le soutien à la monnaie ukrainienne pour assurer sa stabilité. Mme Ashton va retourner cette semaine en Ukraine, sans que la date exacte n'ait été donnée. Selon le président de la commission des affaires étrangères du PE, Emar Brok (PPE, allemand), elle y sera dès ce 4 février.

La porte-parole de Mme Ashton, Maja Kocijancic, a confirmé que l'UE réfléchit à un plan d'aide avec ses partenaires, y compris le FMI, mais a refusé d'entrer dans les détails. « Nous essayons de voir ce qui pourrait être fait », a-t-elle expliqué. « La situation économique en Ukraine est très difficile et l'UE est très engagée pour voir ce qu'on peut faire dans ce contexte-là », a-t-elle souligné, ajoutant que « cette aide est liée aux réformes qui sont nécessaires pour l'économie ukrainienne », a précisé Mme Kocijancic.

Selon plusieurs diplomates, cités par l'AFP, cette aide n'en est encore qu'au stade de l'idée et des préparatifs. « Il s'agit de recenser tout ce que les Européens peuvent mettre sur la table, avec les Américains, en raclant les fonds de tiroirs sur les fonds européens », a expliqué un des diplomates, ajoutant qu'il sera difficile d'arriver à hauteur de l'offre russe. Les Russes ont proposé 15 milliards de dollars et une baisse de 30% du prix de son gaz, offre pour l'instant gelée en attendant la formation du nouveau gouvernement ukrainien.

Lors des négociations sur l'accord d'association, l'UE avait proposé 610 millions d'aides financières à l'Ukraine. Après avoir refusé de signer l'accord, l'Ukraine a chiffré à 20 milliards d'euros l'aide financière dont son pays avait besoin de la part de l'UE. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a souligné que pour un pays en difficulté, qui fait face à des défis européens, « nous pouvons faire quelque chose de plus ». Il a précisé qu'il y a des discussions avec pour perspective d'aider l'Ukraine dans sa voie européenne.

Plutôt que des sanctions, il est plus important aujourd'hui de garantir une aide à l'Ukraine, y compris financière, a ainsi expliqué le Premier ministre, Donald Tusk. « Nous devrions être prêts à proposer une aide financière », a expliqué M. Brok, le 3 février. Ajoutant que l'Ukraine dépend de la Russie, il a expliqué que « nous devons utiliser toutes les possibilités, proposer un paquet à court terme et un pour le long terme, en impliquant le FMI, à condition que l'Ukraine ait des structures aptes à proposer des reformes de l'économie, que (le président ukrainien Viktor) Ianoukovitch n'a pas voulu mettre en oeuvre ». La vice-présidente des Verts au PE, Rebecca Harms, a aussi appelé l'UE et le FMI à aider financièrement l'Ukraine pour éviter la faillite, tandis que le député européen polonais Pawel Kowal (CRE) a proposé un Plan Marshall. Pour lui, le plan, fondé sur une alliance entre l'UE, les États-Unis et les institutions internationales, devrait s'appuyer sur deux piliers. Le premier, économique et social, devrait être lié à la modernisation de l'industrie, à la politique énergétique et à des actions économiques communes. Le second doit se diriger vers la jeunesse et la société civile.

Füle soumet l'idée de l'adhésion. De son côté, le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, a souligné, le 1er février, que la promesse d'une adhésion à l'UE peut faire changer les anciens pays du bloc soviétique. « Si nous sommes sérieux pour aider cette partie de l'Europe à se transformer, l'accord d'association n'est que la première étape. La suivante doit être la lumière au bout du tunnel. Vous ne pouvez pas transformer cette partie de l'Europe sans l'aide de cet instrument le plus puissant », le processus d'élargissement, a-t-il souligné lors de la Conférence sur la sécurité de Munich. (CG)

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