Strasbourg, 14/01/2014 (Agence Europe) - Les présidents des groupes S&D et ADLE au Parlement européen, et les vice-présidents du groupe des Verts/ALE ont dénoncé, le 14 janvier, la vente de la citoyenneté européenne, c'est-à-dire l'obtention de la nationalité d'un État membre contre des investissements dans ce pays. « Cela va à l'encontre de toutes les règles, la citoyenneté doit être réglementée », a souligné le vice-président du groupe des Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit. Le président de l'ADLE, Guy Verhofstadt, « ne comprend pas comment quelqu'un peut faire quelque chose de pareil. Cela vaut pour tout le monde mais Malte donne l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire ». Car si les regards sont tournés vers Malte, les députés soulignent que ce n'est pas le seul pays concerné. Ainsi, des États membres tels que la Lettonie, le Portugal, la Grèce, la Hongrie, le Royaume-Uni, l'Espagne ou les Pays-Bas proposeraient, sous conditions et contre de l'argent, un permis de séjour ou la citoyenneté de leur pays et, par-delà, européenne.
Si, pour Daniel Cohn-Bendit, « cela relève du national (…) si Malte veut vendre des passeports maltais on ne peut pas faire grand-chose ». Il n'en va pas de même pour le président du groupe S&D, M. Swoboda. « Il n'est pas possible que la citoyenneté ne soit que du ressort national. Ce n'est pas qu'une citoyenneté nationale mais indirectement la citoyenneté européenne. On donne à des citoyens hors UE la citoyenneté européenne », a fait valoir M. Swoboda. « Il faut respecter les droits nationaux mais il faut des règles communes, un cadre pour l'octroi de la citoyenneté européenne », a-t-il ajouté.
M. Swoboda a mis en avant le fait d'obtenir la citoyenneté en échange d'un service rendu au pays, citant entre autres un joueur de football ou un professeur d'université, fondé sur un lien étroit avec le nouveau citoyen et l'État et non l'achat de la citoyenneté. Il a aussi regretté qu'il y ait une possibilité de citoyenneté pour les riches, « mais pas pour des réfugiés qui ont besoin d'être soutenus et aidés ». Il a proposé, pour « équilibrer », de dire « on aide les migrants et en même temps on invite les investisseurs à venir ou on utilise une partie des investissements pour les migrants ».
Le gouvernement maltais a distribué à des journalistes une explication de la « citoyenneté européenne par un programme d'investissement », soulignant, entre autres, que cela ne concernerait qu'un maximum de 1 800 demandeurs et que des conditions et des contrôles stricts sont en vigueur. (CG)