Bruxelles, 14/01/2014 (Agence Europe) - Plusieurs eurodéputés, dont Françoise Castex (S&D, française), ont lancé, mardi 14 janvier, un appel au soutien des femmes espagnoles et signé une déclaration « urgente » sur le récent projet de loi restreignant le droit à l'avortement, indique l'eurodéputée.
« C'est avec la plus grande préoccupation que nous, parlementaires européens et nationaux, avons appris la proposition du gouvernement espagnol de révoquer la législation actuelle sur la santé sexuelle et génésique et sur l'interruption volontaire de grossesse », indiquent les députés.
Le 20 décembre dernier, le conseil des ministres de l'Espagne a adopté un projet de loi sur « la protection des droits de l'enfant à naître et des femmes enceintes ». Ce projet de loi retire aux femmes le droit de décider de leur santé en autorisant seulement l'avortement dans le cas de viol ou si la grossesse pose un risque de santé physique ou mental sérieux pour la femme. Cette loi retire également la possibilité de mettre un terme à une grossesse en cas de malformation du foetus, ce qui est autorisé par le droit espagnol concernant l'avortement depuis 1985.
« Si cette loi est adoptée, cela créera une situation où, une fois de plus, les femmes espagnoles se retrouveront face à deux choix: pour celles qui en ont les moyens, aller à l'étranger pour avoir un avortement sûr et légal ou se résoudre à avoir un avortement clandestin illégal avec un grand risque pour leur santé. Tout avortement qui ne sera pas accompli dans l'un des deux cas légaux sera considéré comme un crime, tant pour la femme subissant l'opération que pour les professionnels de la santé impliqués », s'inquiète Françoise Castex.
Le projet de loi ne fait toutefois pas l'unanimité au sein du Parti populaire du Premier ministre Rajoy. 68% des électeurs du Parti populaire (PP) sont contre cette initiative.
Le groupe GUE/NGL va présenter, mercredi 15 janvier à Strasbourg, lors d'une conférence de presse, une pétition contre la nouvelle loi sur l'avortement en Espagne. (SP)