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Bulletin Quotidien Europe N° 10996
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / (ae) alimentation

Le Parlement partisan de la manière forte contre les fraudes

Bruxelles, 14/01/2014 (Agence Europe) - Pour en finir avec la multiplication des scandales alimentaires liés à la fraude, le Parlement européen est partisan de la manière forte et réclame notamment une proposition législative pour rendre obligatoire la mention de l'origine de la viande dans les plats préparés. Cette exigence figure dans l'éventail des mesures qu'il préconise dans une résolution sur la crise alimentaire, la fraude dans la chaîne alimentaire et son contrôle adoptée mardi 4 janvier à Strasbourg à une écrasante majorité (659 voix pour, 24 contre et 8 abstentions.)

« Le manque de données comparables ne permet pas d'avoir une vision exacte du phénomène. Mais nous savons que des milliards d'euros sont en jeu. Le crime organisé a clairement des intérêts dans ce domaine. Contrairement aux États-Unis, l'Union européenne ne dispose toujours pas de définition de la fraude alimentaire et semble ignorer ce problème. Les cas de fraude contaminent la situation de tous les agriculteurs, intermédiaires et individus qui respectent les règles et détruit la confiance des consommateurs en matière d'alimentation et d'information », a souligné Esther De Lange (PPE, néerlandaise), auteur du rapport d'initiative à la base de cette résolution.

Pour commencer, les eurodéputés demandent donc une définition harmonisée de la fraude alimentaire et appellent la Commission européenne à renforcer l'Office alimentaire et vétérinaire (OAV) qui procède aux inspections. Ils demandent la création d' un réseau anti-fraude alimentaire transfrontalier et la mise en place d'un registre européen des exploitants du secteur alimentaire condamnés pour fraude et proposent de généraliser les tests ADN afin d'éliminer toute fraude aux espèces.

Le Parlement réclame un meilleur contrôle des denrées alimentaires congelées et une proposition législative sur un étiquetage obligatoire de la viande et du poisson, la mention obligatoire de l'origine de la viande dans les plats préparés et l'extension à toutes les viandes des règles déjà applicables pour l'étiquetage de la viande bovine, à savoir l'information sur le lieu de naissance, d'élevage et d'abattage.

Pour dissuader les fraudeurs, les eurodéputés souhaitent que les sanctions soient exemplaires. Aussi appellent-ils de leurs voeux des amendes se montant au double des bénéfices potentiels occasionnés par la fraude. « Ceux qui mentent doivent être sévèrement punis », commente Marc Tarabella (S&D, belge).

Outre le scandale de la viande chevaline vendue pour du boeuf qui a défrayé la chronique au début de 2013, d'autres cas de fraude récents portaient entre autres sur du sel de voirie vendu comme du sel alimentaire, l'utilisation d'alcool contenant du méthanol dans les spiritueux, l'utilisation de graisses contaminées à la dioxine pour la production d'aliments pour animaux ou encore la mention erronée de l'espèce de poisson utilisée et l'étiquetage erroné des produits de la mer, rappellent les députés.

Le Bureau européen des unions de consommateurs (BEUC) s'est réjoui de ce vote. « Le Parlement a soutenu à une majorité écrasante l'approche demandée par les consommateurs européens pour que la fraude alimentaire soit tuée dans l'oeuf. Des mesures de lutte anti-fraude sont vitales puisque un nouveau cas de fraude a été découvert le mois dernier en France avec l'introduction, dans la chaîne alimentaire, de viande de cheval impropre à la consommation », déclare Camille Perrin, expert en politique alimentaire au BEUC. (AN)

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