Bruxelles, 17/12/2013 (Agence Europe) - Le secrétaire général de l'OTAN, Anders-Fogh Rasmussen, souhaite que les dirigeants européens s'engagent, lors du Conseil européen jeudi et vendredi, à renforcer leur coopération dans la défense, et affirme que l'Alliance atlantique n'est pas une rivale de l'UE, dans un entretien à l'AFP.
M. Rasmussen espère voir un engagement clair de l'Union européenne à « investir davantage dans les capacités militaires qui en ont le plus besoin, comme les drones d'observation ou le ravitaillement en vol. On a constaté des lacunes importantes lors de l'intervention en Libye ». Il estime que la crise financière doit être considérée comme une « opportunité pour promouvoir les coopérations » parce qu'il sera de plus en plus difficile pour les pays européens d'acquérir, seuls, des équipements militaires perfectionnés, qui sont onéreux.
Le secrétaire général de l'OTAN est d'avis que « nous avons besoin d'une coordination plus poussée » entre l'OTAN et l'Union européenne. Il ne faut pas oublier que 22 pays appartiennent aux deux organisations, composées chacune de 28 membres. « Comme ces pays n'ont chacun qu'une armée et qu'un budget, dupliquer les programmes relèverait de la mauvaise gestion et du gaspillage. Nous devons donc être complémentaires. Par exemple, si l'UE donne la priorité au renforcement des capacités de ravitaillement en vol, l'OTAN n'a pas de raison de s'engager dans ce domaine », fait-il valoir.
Les Européens doivent-ils craindre la priorité stratégique donnée par les États-Unis à l'Asie?
Il est de l'intérêt de l'Europe, selon M. Rasmussen, que les États-Unis s'engagent davantage en Asie-Pacifique en raison de la montée en puissance des pays émergents comme la Chine. « Je ne pense pas, pour autant, que cette évolution se fera au détriment du lien transatlantique: les États-Unis vont rester mobilisés dans la sécurité de l'Europe, comme le prouvent leurs lourds investissements dans le système de défense antimissile de l'OTAC ». Dans ce contexte, il considère comme légitime le fait que les Américains demandent aux Européens d'investir davantage dans leurs moyens de défense. (LC)