Bruxelles, 17/12/2013 (Agence Europe) - L'Albanie ne devrait pas avoir obtenu, le 17 décembre, lors du Conseil Affaires générales, son statut de pays candidat à l'adhésion à l'UE, en raison de l'opposition de plusieurs États membres et alors que l'octroi nécessite l'unanimité. « Je pense que nous allons repousser » le statut de candidat, a expliqué le ministre danois des Affaires européennes, Nick Haekkerup. Selon son pays, si l'Albanie a fait beaucoup de progrès, « nous avons besoin d'un long parcours surveillé » avant de donner le statut de candidat. Il a précisé que le Danemark a « approximativement » la même position que les Pays-Bas. La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni seraient aussi plutôt hostiles à l'octroi du statut dès maintenant.
Le ministre néerlandais Frans Timmermans n'a pas voulu se prononcer ouvertement contre l'octroi du statut à son arrivée au Conseil, précisant seulement qu'aucune décision n'avait encore été prise et qu'elle pourrait être laissée aux chefs d'État et de gouvernement lors du Conseil européen, ce dont doutait son homologue suédois, Carl Bildt, qui expliquait que l'agenda du Conseil était déjà assez chargé.
La décision pourrait être repoussée au premier semestre 2014, en juin, sur base d'un rapport de la Commission européenne. Un responsable d'un État membre avait souligné, il y a quelques semaines, qu'attribuer le statut à l'Albanie à quelques mois des élections européennes, en mai 2014, n'était peut-être pas la meilleure décision à prendre. Selon une source française proche du dossier, « plusieurs États membres expriment des questions sur le fond et de calendrier ». Elle a précisé que des interrogations se posent sur l'état de droit, l'immigration clandestine, la criminalité organisée, la traite des êtres humains. Sur la question du calendrier « peut-être faut-il quelques mois pour approfondir la question », a-t-elle ajouté.
À l'inverse, huit pays ont fait part de leur soutien, le 13 décembre, dans une lettre à destination de la présidence lituanienne de l'UE et de la Haute représentante qui appelle à l'octroi du statut. Ainsi, les ministres autrichien, Michael Spindelegger, bulgare, Kristian Vigenin, croate, Vesna Pusiæ, estonien, Urmas Paet, hongrois, János Martonyi, irlandais, Eamon Gilmore, italienne, Emma Bonino, et slovène, Karl Ejvarec ont exprimé leur « soutien total à une décision positive sur l'octroi du statut de candidat à l'Albanie ». « Nous croyons fermement que l'Albanie a rempli les conditions que l'UE a demandé. Le Conseil devrait donc accorder à l'Albanie le statut de pays candidat. Cela permettrait non seulement d'encourager l'Albanie à continuer à travailler dur et à garder le rythme des réformes, mais aussi à envoyer un signal fort aux autres pays candidats et candidats potentiels quant au fait que leur travail est récompensé », expliquent-ils dans leur lettre.
À l'heure où nous mettions sous presse, les discussions étaient toujours en cours. (CG)