Bruxelles, 04/12/2013 (Agence Europe) - La signature d'un accord de « mobilité » entre l'UE et la Tunisie, prévue mercredi 4 décembre, est reportée à une date ultérieure non précisée. Elle est « à convenir d'un commun accord », se contente-t-on de dire des deux côtés. Le contenu de cet accord, révélé dans ses grandes lignes par les associations de société civile européennes et tunisiennes (EUROPE 10976), n'est pas encore donné. Il s'agit d'une « déclaration politique » présentant les objectifs et les priorités que se fixe chacune des parties. Une annexe déterminera une série d'actions concrètes.
Le texte sur la table, proche de celui signé le 7 juin dernier avec le Maroc, devrait octroyer aux Tunisiens, du moins à une catégorie déterminée (l'élite économique et intellectuelle, dirait-on pour résumer), des facilités de visas et de séjour. Il engagera à promouvoir un dialogue sur l'ensemble des questions liées à la migration et à la mobilité. Les États membres devraient être incités à appuyer cette coopération à travers des actions concrètes.
Outre le contrôle des flux illégaux, la coopération devrait aussi, comme dans le cas marocain, soutenir les ressortissants séjournant légalement dans l'UE ainsi que les ressortissants européens résidant légalement en Tunisie dans leurs efforts d'intégration. L'engagement serait de « développer, de manière réciproque, une coopération pour la mise en place de politiques actives en matière d'intégration, d'inter-culturalité, de lutte contre l'exclusion et la xénophobie afin d'éviter les préjugés et les stéréotypes entre la société d'accueil et les migrants ». Il s'agirait aussi de « promouvoir le rôle des associations issues de la migration tunisienne dans le processus d'intégration ».
En contrepartie, la Tunisie devrait signer un accord de réadmission des étrangers qui ont transité par son territoire et s'engager à endiguer les flux d'irréguliers. Elle devra ainsi accepter une sorte de délocalisation des centres de rétention actuellement installés en Europe.
Pour éviter que les migrants illégaux ne parviennent jusqu'en Europe, les deux parties s'engageraient à « renforcer l'échange d'informations, les capacités administratives et la coopération opérationnelle et technique en matière de gestion des frontières, de détection et de démantèlement des réseaux de trafiquants de migrants et de criminalité transnationale organisée et de lutte contre l'immigration irrégulière ».
Cette coopération aboutirait aussi à la révision des « procédures de sécurité et de délivrance des documents de voyage en conformité avec les standards de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), des documents d'identité et des titres de séjour, et des autres documents officiels » délivrés par le pays partenaire (FB)