Bruxelles, 04/12/2013 (Agence Europe) - Le Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM) exprime de multiples raisons de se féliciter des résultats de la réunion centrée sur l'agriculture et la sécurité alimentaire qu'a tenue le groupe '5+5', rassemblant les dix pays de la Méditerranée occidentale (coprésidence de la France et de l'Algérie, Espagne, Italie, Malte, Tunisie, Libye, Maroc, Portugal, Mauritanie), fin novembre à Alger.
La première raison est dans sa désignation comme partenaire technique direct des États. À ce titre, le CIHEAM deviendra un « observateur permanent » de référence pour l'agriculture méditerranéenne. « La création d'un observatoire de la sécurité alimentaire en Méditerranée, qui serait un lieu d'échange et de partenariat en mesure d'apporter de manière régulière, ou sur demande, une aide à la décision, constitue la pierre angulaire de la Déclaration », adoptée à Alger, écrit le CIHEAM dans un communiqué. Cet observatoire sera constitué d'un « groupe d'experts issus de chacun des États » participants, ajoute le centre, satisfait que son « rôle historique » ait été ainsi consacré. Le CIHEAM, créé en 1962, a été actif dans le champ des « formations spécialisées, de recherches en réseau, de coopération entre États dans le but de contribuer au développement du bassin méditerranéen et à l'animation du débat politique régional dans les domaines de l'agriculture, de l'alimentation, des territoires ruraux et de l'environnement », a rappelé son secrétaire général, Cosimo Lacirignola.
La seconde raison de se réjouir est dans la prise de conscience de l'enjeu agricole et de sécurité alimentaire qui seraient les plus grands défis pour la région. C'est la première fois, depuis la création du Dialogue '5+5' en 1990, qu'une rencontre ministérielle se tient sur ce thème à la suite des recommandations du second sommet des chefs d'État et de gouvernement des États de la Méditerranée occidentale les 5 et 6 octobre 2012 à Malte.
Le CIHEAM souligne aussi avec satisfaction que la déclaration officielle d'Alger ouvre de « nombreuses pistes de coopération régionale pour améliorer la production et la productivité agricoles, protéger les ressources naturelles, accroître le partage des expériences à travers des programmes de recherche et d'innovation multilatéraux, développer les échanges agro-commerciaux, renforcer la sécurité alimentaire, lutter contre les gaspillages et promouvoir une croissance plus inclusive sur le plan territorial afin de vitaliser les régions rurales ».
Les ministres ont en outre décidé de « développer une concertation qui favorise la stabilité des marchés agricoles et agroalimentaires, en particulier des céréales, des oléagineux et protéagineux, et donc de contribuer au réseau AMIS-Méditerranée en cours de constitution sous l'égide du CIHEAM et du secrétariat d'AMIS », réseau sous l'égide de la FAO.
Dernier sujet de satisfaction pour le CIHEAM: la recommandation des ministres de veiller à « la préservation des ressources hydriques et foncières » et de contribuer au programme de l'UE sur le développement rural au sud de la Méditerranée (ENPARD). Des pistes sont ouvertes pour des actions en faveur des « agricultures familiales et des femmes rurales, la diète méditerranéenne, l'adaptation aux changements climatiques, les espaces forestiers », note le CIHEAM.
Une nouvelle rencontre ministérielle aura lieu en février 2014 (FB).