Bruxelles, 04/12/2013 (Agence Europe) - Les socialistes et démocrates du Parlement européen craignent que le rapport sur le travail de la 'troïka', mené par la commission économique de l'institution (ECON), ne soit freiné par un manque de coopération, non seulement des parties prenantes interrogées, mais également du PPE, qui co-chapeaute l'enquête. Une réunion a lieu ce jeudi entre les rapporteurs.
Fin octobre, l'annonce d'un travail d'investigation du PE sur les opérations de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) dans les pays sous programme semblait avoir pris un élan positif, également porté par un retentissement plutôt raisonnable dans la presse (EUROPE 10958). Il n'avait pas fallu longtemps pour que la commission ECON du PE ne convoque les représentants du trio institutionnel venus au titre de la Commission et de la BCE (EUROPE 10958). Mais, mardi 3 décembre, un des deux rapporteurs, le Français Liem Hoang Ngoc (S&D) a appelé, par communiqué, les deux institutions à coopérer à la préparation dudit rapport. Au téléphone, mercredi 4 décembre, M. Hoang Ngoc a expliqué qu'en dépit de la volonté exprimée d'organiser des auditions publiques la semaine prochaine, les deux institutions avaient décliné l'invitation, préférant attendre d'avoir répondu aux vingt-neuf questions écrites envoyées le 22 novembre pour s'exprimer publiquement, probablement en janvier. Il n'est pas encore clair si le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling, pourra s'y rendre, pour des raisons d'agenda. Interrogées mercredi, les trois institutions ont réitéré leur engagement à coopérer.
Mais là où le bât blesse, c'est qu'au sein même du PE, on n'est pas d'accord sur la manière de mener l'enquête et où l'on veut en venir. M. Hoang Ngoc a par ailleurs indiqué que l'Autrichien Othmar Karas (PPE), co-rapporteur sur ce dossier, avait refusé de prendre à son compte l'appel formulé mardi par le socialiste et a mis en avant le bénéfice qu'aurait pu avoir un communiqué conjoint. « M. Karas n'est lui-même pas très coopératif », a déploré M. Hoang Ngoc, précisant que son homologue autrichien ne voulait pas d'une commission d'enquête et entendait communautariser la 'troïka'. Une réunion entre les rapporteurs doit avoir lieu ce jeudi, ainsi qu'une audition avec deux économistes du think tank Bruegel. Le PPE émettrait également des réticences sur les noms de parties prenantes proposées par leurs partenaires. M. Karas s'est refusé à tout commentaire. Une source interne au parti a tout de même vu d'un mauvais oeil le fait que M. Hoang Ngoc avait choisi de s'exprimer par média interposé. Celui-ci a par ailleurs appelé à un travail transparent sur cette enquête. Du côté du PPE, on met en avant le fait qu'aucune conclusion ne peut être tirée avant d'avoir entendu toutes les parties prenantes et que rien ne sert de s'exprimer de manière précoce.
Les deux partis s'en tiennent à la date du 17 décembre pour le dépôt du projet de rapport. Les personnes sollicitées par questionnaire écrit ont jusqu'au 12 décembre pour répondre aux vingt-neuf questions qui leur ont été posées. En janvier, des missions sont possibles dans les pays sous programme. Le rapport du PE sur le travail de la 'troïka' ne devrait donc en principe pas subir le même sort que celui promis en juin dernier par la Commission européenne, qui semble être tombé aux oubliettes pour de bon. (EL)