Bruxelles, 04/12/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne a dévoilé, mercredi 4 décembre, une nouvelle proposition qui vise à mettre en place au sein de l'UE des normes communes pour les stages, sur une base volontaire. Cette proposition vise essentiellement à améliorer les conditions dans lesquelles se déroule cette expérience, qui est souvent la première pour une part importante de jeunes Européens, dans le monde du travail. Parmi les idées sur lesquelles devra se pencher le Conseil des ministres se trouve notamment l'exigence d'un contrat écrit, bien que ne prévoyant pas forcément une rémunération.
Selon un récent sondage Eurobaromètre, presque trois quarts de jeunes Européens qui ont effectué un stage trouvent que celui-ci leur a été bénéfique et a accru leur chance de trouver un emploi. Qu'à cela ne tienne, les stages ont parfois une connotation négative, étant associés à une forme d'asservissement dénuée de sens. L'exemple de ce malaise a pu être ressenti, au mois de juillet, au coeur même de l'UE, avec une grève des stagiaires qui exercent à Bruxelles au sein des institutions européennes ou d'organisations non gouvernementales.
En présentant cette nouvelle proposition, le commissaire chargé de l'emploi, des affaires sociales et de l'inclusion, Laszlo Andor, n'a pas mâché ses mots, en évoquant une « exploitation » des jeunes, qui sont traités comme « une main-d'oeuvre bon marché ou gratuite ». Selon lui, « les États membres doivent veiller à ce que les stagiaires reçoivent une formation et une expérience appropriées pour obtenir un emploi ». Ainsi, « ces lignes directrices proposées permettront aux stagiaires d'acquérir une expérience de travail de haute qualité dans de bonnes conditions de travail », a-t-il dit, indique un communiqué.
Les lignes directrices en question contiennent une obligation pour l'employeur d'encadrer un stage au moyen d'un contrat écrit, ce qui se fait en règle générale dans six cas sur dix, selon l'étude Eurobaromètre. Un tel contrat devrait spécifier le contenu d'apprentissage, dont les objectifs d'enseignement et la méthode de supervision, ainsi que les conditions de travail, à savoir une durée limitée de six mois, le temps de travail hebdomadaire, une indication claire que les stagiaires seront rémunérés ou non et qu'ils auront droit à la sécurité sociale. Aujourd'hui, près de 60% de stages sont proposés sans une quelconque compensation financière. (JK)