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Bulletin Quotidien Europe N° 10969
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Déçue de la décision de Kiev, l'UE dénonce les pressions russes

Bruxelles, 22/11/2013 (Agence Europe) - Les Européens, que ce soit la Commission, les États membres ou les députés européens, ont fait part, le 21 novembre, de leur déception face à la décision du gouvernement ukrainien de suspendre le processus de préparation de la signature de l'accord d'association et de la zone de libre-échange approfondi et complet (EUROPE 10968) et dénoncé les pressions russes. « C'est une déception non seulement pour l'UE mais, croyons-nous, pour le peuple de l'Ukraine », a souligné Mme Ashton. « Nous croyons que l'avenir de l'Ukraine est dans une relation forte avec l'UE et nous nous tenons fermes dans notre engagement envers la population de l'Ukraine qui aurait été la principale bénéficiaire de l'accord », a-t-elle ajouté. Sa porte-parole, Maja Kocijancic, a précisé que l'UE souhaite une association politique et une intégration économique avec l'Ukraine et espéré « puisque c'est dans son intérêt » que l'Ukraine participe au sommet de Vilnius, fin novembre. Elle a précisé que la coopération ne se limite pas à l'accord d'association.

Mais l'Ukraine s'éloigne bel et bien de l'UE. « Cette décision risque de geler le processus de rapprochement avec l'UE pendant une période indéterminée et de provoquer des pertes irréversibles pour la modernisation, les réformes et la démocratisation de l'Ukraine. Il y a aussi le risque de perdre l'acquis de longs et laborieux préparatifs à la signature d'un accord d'association », a expliqué le ministère polonais des Affaires étrangères. « La formule de temps mort décidée par les autorités ukrainiennes n'est pas sans risques évidents de ralentissement, est susceptible de durer un temps considérable et le processus, si et quand il serait renouvelé, sera compliqué par la décision », a commenté la mission du PE des présidents Pat Cox et Aleksander Kwasniewski.

Mise en accusation de la Russie

Les Européens ont accusé la Russie d'être responsable de ce revirement. Pour le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, « il est difficile d'ignorer dans le raisonnement de la décision l'impact des récentes mesures économiques et commerciales injustifiées de la Russie contre Kiev ». MM. Cox et Kwasniewski ont pris « note des remarques du Premier ministre sur l'état tendu de l'économie et de la pression russe qui a considérablement augmenté au cours des dernières semaines ». « Le gouvernement ukrainien s'incline très bas devant le Kremlin. À l'évidence, la politique de pressions brutales fonctionne », s'est énervé le ministre suédois Carl Bildt. Le président russe, Vladimir Poutine, rejetant les pressions de son pays sur l'Ukraine, a considéré que ce sont les Européens qui ont proféré des menaces, des pressions et fait du chantage à Kiev. « L'Ukraine n'est pas un prix à gagner », a voulu apaiser Mme Kocijancic.

Le dialogue trilatéral avec la Russie, « pas une option »

Le ministre des Affaires étrangères lituanien, M. Linkevicius, a prévenu que « la proposition (ukrainienne) de dialogue trilatéral (avec l'UE et la Russie) n'est pas une option et n'a pas de précédents ». « Une proposition de l'UE pour l'association bilatérale reste sur la table et nous ne voyons pas le rôle des pays tiers dans ce processus », a-t-il expliqué. Évitant de répondre frontalement à la question, Mme Kocijancic a expliqué que « l'accord d'association est un accord bilatéral entre l'UE et l'Ukraine, la Russie est un partenaire stratégique avec qui il y a des consultations stratégiques régulièrement et c'est un partenaire commercial très important. (…) L'UE souhaite un dialogue et une consultation mais l'accord d'association suit une certaine logique, la relation avec la Russie suit une certaine logique ».

À Kiev, alors que le Premier ministre expliquait que sa décision est « dictée exclusivement par des raisons économiques » et ne remet pas en cause la direction stratégique vers l'intégration européenne, l'opposition a appelé à manifester contre cette décision. (CG)

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