Bruxelles, 18/11/2013 (Agence Europe) - Le Conseil de l'UE a réaffirmé, dans une déclaration formelle, lundi 18 novembre, son « soutien au processus de transition en Tunisie » et « encourage tous les acteurs à poursuivre le dialogue national » et à respecter le calendrier convenu.
Ce même voeu forme la base du consensus auquel a abouti le « Rubayi » (le quartette) composé des syndicats ouvrier (UGTT) et patronal (UTICA), de la Ligue des droits et de l'homme et de l'ordre des avocats, concrétisé par la signature d'une « feuille de route » par les principaux partis politiques dont les « islamistes » mais non par le parti (marginal mais significatif) du président par intérim. Cette « feuille de route » instaure un calendrier dont la mise en oeuvre est néanmoins chaque jour retardée faute d'un accord sur un point préalable: la démission du Premier ministre et son remplacement par une personnalité non engagée à même d'assurer la qualité du prochain scrutin et la neutralité de l'administration.
Alors que les partis d'opposition démocratique réclament le respect du calendrier, l'UE affirme elle aussi sa conviction que « dans l'intérêt de la transition démocratique du pays, il est également primordial que ce processus soit conduit dans le respect des règles de fonctionnement démocratique déjà approuvées et que toutes les parties s'engagent à poursuivre l'objectif d'un consensus national ».
En dépit de ce blocage persistant, l'UE semble en effet ne pas désespérer des « efforts de toutes les parties impliquées pour assurer la réussite de ce processus de transition démocratique » et les « salue ». Elle salue aussi « le rôle constructif joué par la société civile » et les quatre médiateurs « en tant qu'initiateurs du dialogue national » et qui « mérite d'être souligné ».
L'UE réaffirme aussi son « soutien face aux principaux défis socio-économiques » du pays, dans « un contexte de vulnérabilité économique ». Elle propose son soutien, sur le long terme, à la coopération classique au titre de l'accord d'association, y compris la mobilité et l'immigration.
L'UE souligne également l'ampleur des « défis sécuritaires » que rencontre la Tunisie « dans un contexte d'instabilité régionale » et elle propose son soutien pour « lutter efficacement contre le terrorisme dans le respect du droit ». Elle se propose de l'aider à « renforcer les structures et mécanismes » notamment « pour assurer la conclusion rapide des enquêtes concernant les assassinats politiques, ainsi qu'à garantir des procès équitables et transparents ». Une évaluation est en cours devant « permettre à l'UE de s'engager aux côtés de la Tunisie dans une véritable réforme du secteur de la sécurité ». (FB)