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Bulletin Quotidien Europe N° 10965
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

La frontière gréco-turque de plus en plus 'dangereuse' pour les migrants

Bruxelles, 18/11/2013 (Agence Europe) - Plusieurs ONG ont alerté, lundi 18 novembre, les responsables européens quant aux conséquences pour les migrants et notamment les personnes fuyant les conflits du renforcement des contrôles à la frontière gréco-turque qui les « oblige à prendre des routes de plus en plus dangereuses », écrivent dans un communiqué le Réseau Migreurop, la Fédération internationale des droits de l'homme et le Réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme. En renforçant ses contrôles et en érigeant une clôture en barbelés dans le nord-est du pays, la Grèce avait vu le nombre de migrants irréguliers chuter en 2012. Selon des données de Frontex, au total, en Méditerranée orientale (Grèce, Bulgarie et Chypre), le nombre de franchissements irréguliers avait reculé de 35% en 2012. « Ceux et celles qui arrivent à traverser cette frontière européenne sont souvent victimes de refoulement, sont systématiquement enfermés à leur arrivée dans des conditions inhumaines et dégradantes », accusent les trois associations au retour d'une mission sur place. « L'Union européenne répond en renforçant les moyens de surveillance et d'interception, alors que l'urgence est à l'accueil et non à la criminalisation », déplorent-elles encore. « En Grèce, les témoignages abondent de personnes victimes de refoulement par les garde-côtes grecs, que ce soit en pleine mer ou même une fois posé le pied sur le sol européen », avancent-elles encore. Leur rapport définitif sera prêt début 2014.

Les associations s'inquiètent aussi des progrès limités de la Turquie, dont la loi sur les étrangers et la protection internationale, prévue pour avril 2014, « n'atténue que peu les craintes des associations, notamment sur l'évolution des pratiques et l'obstination turque au maintien des réserves géographiques à la convention de Genève de 1951 qui écarte de la demande d'asile tous les ressortissants non européens », disent les ONG.

« Après la catastrophe de Lampedusa, l'UE envisage maintenant d'augmenter les capacités de Frontex pour faire face à cette situation. Or, nos organisations n'ont eu de cesse de répéter que la détresse des migrants et la dangerosité de leurs routes sont étroitement liées à l'absence d'alternative pour accéder au territoire européen et aux conditions d'accueil insuffisantes à l'intérieur et aux frontières de l'Europe », clament encore les trois organisations.

L'immigration clandestine et la question du partage de la 'charge' des migrants entre pays européens compteront parmi les principaux dossiers de la présidence grecque, qui travaille sur le sujet avec l'Italie, qui lui succèdera à l'été 2014. Athènes essaiera de formuler des propositions concrètes en vue d'un Sommet européen 'Justice et affaires intérieures' en juin 2014. Les trois axes imaginés recouvrent la gestion par les pays tiers de leurs frontières et les problématiques de développement des pays dits de transit, la surveillance des frontières communes de l'UE, terrestres et maritimes, et les capacités de réponse et de solidarité des États membres face au nombre de demandeurs d'asile arrivés sur le sol européen. (SP)

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