Bruxelles, 18/11/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne a brossé un portrait généralement positif de la situation économique et financière en Espagne, dans son 4ème rapport de suivi du programme espagnol focalisé sur la réforme du secteur financier et publié lundi 18 novembre.
Fidèle à sa ligne de conduite, qui n'autorise aucune complaisance, elle a souligné les domaines où du travail reste à faire, à quelques semaines de la sortie de Madrid du programme appliqué en échange d'une aide supérieure à 41 milliards d'euros (EUROPE 10964).
Le bilan des banques espagnoles reste plombé par des créances douteuses ('non performing loans') qui ne cessent de s'inscrire à la hausse. Les chiffres publiés lundi par la Banque d'Espagne confirment cette tendance pour septembre. Ces créances douteuses se sont affichées à 12,7% en septembre, après un chiffre déjà en hausse fin août (12,1% contre 11,5% fin mars). L'environnement économique « continue par ailleurs de peser sur le secteur bancaire et constitue le risque principal pour le futur », relate le rapport. Le crédit à l'économie réelle est toujours en recul, les PME et les grandes entreprises déclarent qu'après attirer des clients, accéder au financement est leur plus grand problème. La Commission, qui rappelle que le total des versements du Mécanisme européen de stabilité (MES) pour la recapitalisation des banques espagnoles s'élève à 41,3 milliards d'euros, n'envisage pas qu'un autre décaissement soit nécessaire d'ici à fin 2013. Tous les établissements espagnols de crédit, sauf un qui est sur le point d'être absorbé par une autre banque, affichent des taux de solvabilité au-dessus des exigences minimales réglementaires.
La Commission salue le retour de la confiance des investisseurs, portée par une mise en oeuvre généralement fidèle du programme, même si quelques mesures restent à être totalement concrétisées.
Madrid enregistre, par ailleurs, un excédent du compte courant de 0,7% au 2ème trimestre 2013. Il est prévu que le pays renoue avec la croissance, à hauteur de 0,5% du PIB, dès l'année prochaine et le chômage, quoique toujours élevé, a commencé à montrer des signes de stabilisation, autour de 26,5%.
La dette publique (mais également celle du secteur privé) reste à des niveaux critiques. Elle a atteint 93% du PIB en juillet et, si elle continue à ce rythme, dépassera le seuil symbolique de 100% en 2015. Cela est dû notamment à un déficit toujours excessif (-6,8% en 2013 et -5,9% en 2014 selon la Commission). La situation budgétaire « reste difficile », note le rapport, qui appelle les autorités espagnoles à continuer les efforts dans le champ des réformes structurelles et au respect des engagements budgétaires. La semaine dernière, en présentant son avis sur les projets de budgets 2014 des États membres, la Commission a appelé à des ajustements budgétaires, notamment en matière de rationalisation des dépenses publiques (EUROPE 10964).
L'ultime mission de suivi du programme espagnol commencera début décembre, a indiqué lundi la Commission européenne. La semaine dernière, Madrid a annoncé vouloir quitter le programme accordé à ses banques sans solliciter de soutien additionnel de la part des Européens qui aurait pu prendre la forme d'une ligne de crédit préventive du MES. (EL)