Bruxelles, 23/10/2013 (Agence Europe) - Le Parlement européen a adopté, mercredi 23 octobre, une position sur le processus budgétaire dit 'Semestre européen' en vue de l'exercice 2014.
L'économie européenne ne connaîtra une relance « que si les promesses souvent faites mais jamais tenues deviennent réalité », a déclaré Elisa Ferreira (S&D, portugaise), rapporteur du PE. Elle a souligné l'importance d'avoir des recommandations de politique socio-économique « adaptées » aux spécificités de chaque pays et « justifiées du point de vue social ». Or, « en dépit des nombreux sacrifices » réclamés, il n'y a pas d'amélioration dans la vie des gens, a-t-elle considéré.
Au nom des États membres, le vice-ministre lituanien des Affaires européennes, Vytautas Leskevicius, a salué les progrès du processus budgétaire depuis 2012, en estimant aussi qu'il restait « beaucoup de pain sur la planche », afin notamment d'améliorer « les organes de mise en oeuvre dans les États membres ». Le Conseil soumettra au sommet un texte sur les leçons de l'application du 'Semestre européen'.
Néanmoins, le président de la Commission européenne, José Manuel Durão Barroso, a regretté « les insuffisances » en matière d'appropriation des recommandations de politique socio-économique par les États membres, plus tôt lors du débat sur le Conseil européen des 24-25 octobre (voir autre nouvelle). Le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, a exhorté les États membres à poursuivre sur la stratégie de sortie de crise, qui repose sur la consolidation budgétaire, les réformes structurelles et l'assainissement du secteur financier, pour ancrer la croissance économique en 2014 et inverser la trajectoire du chômage. Pour certains États membres (ex: France, Espagne, Portugal, Pays-Bas), nous préconisons de ralentir l'assainissement des finances « à condition » qu'ils se focalisent sur la mise en oeuvre de réformes structurelles.
Au nom de la commission 'Budget', Catherine Trautmann (S&D, française) a critiqué les groupes PPE et ADLE qui ont rejeté sa proposition d'exclure les dépenses d'investissement dans le calcul du déficit public. « Un emploi à lui tout seul n'est plus une garantie pour une vie décente », a souligné Philippe Lamberts (Verts/ALE, belge). Chaque année, 5 millions d'Européens passent sous le seuil de pauvreté et, en Allemagne, 7 millions de travailleurs sont pauvres, a-t-il noté. Marisa Matias (GUE/NGL, portugaise) a dénoncé le « massacre salarial » poursuivi en Europe. Pour Jean-Paul Gauzès (PPE, français) au contraire, les signes de reprise dans l'UE sont « la preuve » que les orientations fixées « commencent à porter leurs fruits ». (MB)