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Bulletin Quotidien Europe N° 10949
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Rééquilibrage en zone euro, Berlin pourrait avoir à faire plus

Bruxelles, 23/10/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne entend porter un « regard holistique sur la politique budgétaire » de chaque État de la zone euro et sur celle-ci dans son ensemble, a souligné le porte-parole pour les Affaires économiques et monétaires, Simon O'Connor, mercredi 23 octobre, au lendemain de la publication d'un rapport d'un expert de l'institution qui a mis en avant le fait que les consolidations budgétaires successives et simultanées entreprises ces dernières années dans la zone euro ont aggravé la récession dans les pays les plus vulnérables.

M. O'Connor a rappelé que la zone euro avait convenu d'une réunion extraordinaire le 22 novembre prochain précisément pour « évaluer l'impact des projets de budgets nationaux pour 2014 », que les États lui ont soumis en octobre, « non seulement sur les pays concernés mais sur l'eurozone dans son ensemble ». Le rapport économique compilé par l'expert Jan in't Veld, qui reflète « purement l'avis de son auteur », comme l'a souligné M. O'Connor, indique que l'ajustement dans les États périphériques aurait pu être « soutenu par des changements simultanés dans les pays de la zone euro qui disposent d'importants excédents de compte courant ». Cependant, écrit-il encore, « la symétrie des ajustements budgétaires dans les pays de la zone euro a freiné cet ajustement, avec des retombées négatives des consolidations en Allemagne et dans d'autres pays du noyau dur de l'eurozone grèvant davantage la croissance dans les pays en déficit ».

La Commission considère que ce rapport soulève cependant pas mal de questions, a précisé M. O'Connor, appelé à réagir sur la publication de ce document, dont une version préliminaire avait été mise en ligne lundi puis retirée précipitamment par les services de l'institution bruxelloise. En premier lieu, les défis qui se posent pour chaque pays sont très spécifiques, amenant la Commission à conseiller des approches différenciées de la consolidation budgétaire. Il est également de notoriété publique que cet ajustement a des effets négatifs à court terme sur la croissance, mais qu'à moyen terme, les efforts « payent ». En second, la Commission a tendance à conseiller une consolidation davantage tournée vers les réductions de dépenses publiques, plutôt que la hausse des taxes. Une stratégie que les gouvernements ont rarement suivie, désireux de résultats rapides. « Cela a probablement eu un impact sur le rythme de la reprise », a expliqué M. O'Connor. En dernier, la Commission a toujours avancé que si les deux grandes économies de l'eurozone, la France et l'Allemagne, mettaient en oeuvre les réformes structurelles qu'elle leur recommandait, elles se rendraient un grand service mais agiraient par le même biais en faveur de l'intérêt général de la zone euro. La Commission demandera-t-elle à Berlin de détendre son budget ? Son mandat est d'évaluer le respect des règles du Pacte de stabilité et de croissance (déficit et dettes au plus bas), a répondu M. O'Connor. « Mais bien sûr nous porterons un regard holistique sur la politique budgétaire de chaque pays et sur l'eurozone dans son ensemble », a-t-il ajouté. (EL)

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