Bruxelles, 23/10/2013 (Agence Europe) - La Turquie a accueilli prudemment, le 22 octobre, la confirmation par le Conseil de l'ouverture d'un nouveau chapitre de négociation et de la conférence intergouvernementale du 5 novembre. « Il faut plus d'une fleur pour que ce soit le printemps », a réagi le ministre des Affaires européennes, Egemen Bagis, à la télévision NTV, précisant cependant que la conférence du 5 novembre, à laquelle il se rendra avec le ministre du Développement, Cevdet Yilmaz, est « une étape importante ».
Le ministre a expliqué que la Turquie est déterminée à ouvrir de nouveaux chapitres de négociation, en particulier les chapitres 23 « Appareil judiciaire et droits fondamentaux » et 24 « Liberté, sécurité, justice », que la République de Chypre bloque. « M. Füle a appelé l'UE à ouvrir les chapitres 23 et 24 après la publication du rapport. Nous avons toujours souligné que ces chapitres devraient être ouverts. Les critiques envers la Turquie, que ce soit dans les rapports ou à des réunions bilatérales, sont liées à ces chapitres », a-t-il expliqué. M. Bagis a ainsi espéré que « les 27 États membres pourraient convaincre l'administration chypriote grecque de lever les obstacles pour l'ouverture » de ces chapitres.
Le ministre turc a également annoncé que son Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, aurait des entretiens avec de « haut responsables » de l'UE après le 5 novembre et qu'il devrait se rendre à Bruxelles « en décembre ou janvier ».
Décision malvenue selon des eurodéputés français
De leur côté, plusieurs députés français du groupe PPE ont fait part de leur opposition à l'ouverture du chapitre 22, débloqué en février par la France. Pour le président de la délégation française du groupe PPE, Jean-Pierre Audy, « en pleine crise de confiance entre l'UE et ses citoyens, alors que l'euroscepticisme ne cesse de croître, cette décision est particulièrement malvenue ». Il a rappelé que son parti, l'UMP, est opposé à l'adhésion de la Turquie. Pour Rachida Dati, « cette décision est un manque de respect pour notre partenaire turc auquel nous faisons croire que son adhésion est possible », alors que, selon elle, le pays n'a pas vocation à rentrer dans l'UE, « Au-delà de la Turquie, l'UE doit plus que jamais marquer une pause durable dans son élargissement », a-t-elle ajouté. (CG)